Mariana Ramos doit probablement au Sénégal, où elle est née, le feu sacré qui la possède. Mais c'est au Cap-Vert, patrie de ses ancêtres, qu'elle trouve son inspiration profonde. Cela l'amène à interpréter de manière unique, à la fois chantante et dansante les airs les plus endiablés du Cap-Vert : les "coladeiras" musiques enjouées de l'île de Sao Vicente ; les "funanas", anciens chants d'esclaves et de révolte de l'île de Santiago ; la "batuque" musique rythmée des femmes ; ou encore les "marzukas" dansantes... A chaque fois, Mariana y apporte sa touche spécifique. Mais lorsqu'elle interprète les mélancoliques mornas, ces chansons capverdiennes pleines de "sodade" (spleen, nostalgie profonde des Capverdiens) qui ont été immortalisées par la grande Césaria Evora, on découvre l'émouvante capacité de la jeune femme à enflammer son auditoire, lui transmettant son enthousiasme et sa sensibilité.
Née à Dakar, Mariana Ramos vivait au Cap-Vert dans le quartier populaire de Monte Sossego, élevée par sa grand-mère, à qui elle dédiera son album "Bibia". Elle rejoindra ensuite ses parents en France, où ils avaient été contraints d'émigrer pour trouver du travail. Ses parents capverdiens exploitaient l'héritage musical. Son père, le guitariste Troy Ramos jouait dans le groupe "Voz de Cabo Verde". La jeune femme ne pouvait échapper à sa culture d'origine. Elle conserve aujourd'hui ce lien très fort qui la rattache à son bel archipel, à la morna et à un savoir-faire naturel.
Son troisième disque "Mornador" (qui signifie "le faiseur de morna") possède les qualités propres à la musique du Cap-Vert : harmonie, fluidité, magnifique transparence. La chanteuse interprète les meilleurs compositeurs capverdiens actuels, de Boy Gé Mendès à Teofilo Chantre, compagnon de route de Césaria Evora. L'album contient une surprise : Mariana revisite un morceau de Stevie Wonder qu'elle transforme en jolie ballade créole.
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