"La rue monte en lacets, chaque virage se mérite..". Ces quelques mots qui ouvrent "Retour au quartier lointain", l'une des plus belles chansons de "L'horizon", nouvel album de Dominique A résument bien l'itinéraire d'un garçon peu adepte de la ligne droite. Dominique A est un explorateur. Chacun de ses disques se mérite. Il fallait être un brin curieux pour entrer, dès 1992, dans "La fossette", son premier album, devenu avec le temps le disque-référence d'un courant qui secoua la chanson française, ouvrant la voie à une nouvelle génération d'artistes chanteurs.
Dominique A, en vrai chercheur, a bien pris chaque fois le contre-pied de son album précédent. Derrière "La mémoire neuve" et son "Twenty two bar", il y eu l'aridité de "Remué" que suivit le plus lumineux "Auguri", synonyme d'une première collaboration avec John Parish producteur renommé. Après le très arrangé et fouillé "Tout sera comme avant", il y a aujourd'hui l'épure, la clarté et le lyrisme de "L'horizon". Et l'un comme l'autre laissent pantois. Avec cette espèce d'effronterie tranquille, Dominique A prend une nouvelle fois plusieurs longueurs d'avance. Il poursuit sa route et ce nouveau disque est un territoire de plus à arpenter, sans se lasser. Sa voix, qui semblait parfois si difficile à placer, se libère. Derrière sa fidèle guitare s'imposent, ici et là, un piano subtil, des choeurs entêtants, des cuivres concis.
"L'Horizon", traversé de références littéraires, d'images fortes, d'amours fugitives, de souvenirs d'enfances brouillés, distille comme une vision hallucinée de la réalité. Et accroche de ce fait une nouvelle balise à la chanson française. |