Comme son nom l’indique, La Familia Valera Miranda est une affaire de famille. Les origines du clan, devenu aujourd’hui un véritable trésor national, remontent au début du siècle dernier, quand Vicente Cutiño, colonel émérite des indépendantistes, reçu pour récompense une belle somme d’argent. Avec celle-ci, il s’acheta une propriété dans la région de l’Oriente. Cette demeure deviendra un lieu de réunion et de fête.
Cutiño, qui vécut jusqu’à 125 ans, était un grand percussionniste et un très bon chanteur, il accompagnait les groupes improvisés qui se formaient dans sa maison. Felix Valera, le père est en fait l’arrière petit-fils de ce personnage haut en couleur, véritable monument de l’histoire cubaine. Avec sa troupe et famille héritière de cette lignée qui a fait le « son », Felix Valera vit aujourd’hui à Santiago de Cuba. Tout naturellement, il est allé au plus près, c’est-à-dire au sein même de sa petite famille, chercher ses compagnons de musique.
Au centre du groupe, Felix, le père, directeur musical, voix principale et guitariste. A ses côtés, sa femme Carmen danseuse et joueuse de maracas ainsi que leurs trois enfants âgés d’une trentaines d’années. Il y a d’abord Ernesto, médecin de profession, aux bongos, Raul à la contrebasse et enfin Enrique à la clave. L’ami de la famille Radames Gonzaléz est aussi de la partie.
Ensemble, ils perpétuent la tradition des chants hérités de leurs aïeux et dévoilent un répertoire de soneros et de tresoros que leurs aînés se sont transmis de génération en génération. Très respectés à Cuba, on ne leur connaît en Europe que deux disques. Le premier sorti dans la collection « Ocora-Radio France » et un second « A Cutiño » , produit par Antoine Chao frère de Manu, en hommage à leur ancêtre. Authentique et chaleureux, ce clan nous ouvre en quelque sorte son album de famille. |