Les sombres histoires créent parfois de grands talents. Germain Randrianarisoa est né dans une famille de paysans malgaches. Bébé, il perd une main à la suite d’un empoisonnement. Opiniâtre et animé de la « force magique de la musique », il décide à l’âge de 15 ans d’apprendre l’instrument symbolique de l’île, la valiha, sorte de harpe en bambou. Malgré cette main manquante, il parvient à maîtriser toutes les finesses du jeu et débute en 1983, au sein du groupe Tsilavina.
Avec cette formation, il tentera de rajeunir le répertoire traditionnel. Puis il crée, le premier grand orchestre de valiha composé de 23 musiciens. Chanteur, compositeur, il se consacre aussi aux gamins des rues, travaillant comme musicothérapeute et leur enseignant son savoir. Par l’intermédiaire d’amis français, il rencontre Christian Mousset, l’organisateur du festival des Musiques Métisses qui le signe sur son label et lui offre en 1999, l’occasion d’enregistrer son premier CD « Dorotanety ». Rajery, y parle de sa terre, de feus de brousse et des conteurs traditionnels.
Les concerts se succèdent et deux nouveaux albums s’enchaînent, à chaque fois toujours plus métissés. En 2002, son travail sera récompensé par le prix RFI-musiques du monde. Aussi à l’aise dans des morceaux de pure valiha, que dans des sonorités jazzy, il joue la nostalgie de sa terre et le goût des rencontres nouvelles. |