Né au Maroc, Brahim El Belkani n’était pas destiné à la musique gnawi. Et pourtant il l’a dans le sang. Dans les confréries gnawa, la musique est indissociable des rituels, elle se joue dans les rues ou lors de cérémonies. Elle sert à guérir et à protéger des mauvais esprits.
Son art, Brahim el Belkani, l’a appris en suivant les troupes gnawa, participant aux cérémonies qu’ils croisaient sur les routes. En secret, sous l’influence de son maître El Mahjoub, il s’initie sur un petit gumbri (sorte de luth). Maître à son tour, il se jette à corps perdu dans l’aventure des années hippies. Il jouera aux côtés de Led Zeppelin ainsi que du pianiste de jazz Randy Weston. Mais ce mode de vie va le lasser. Il quitte cet univers d’artifices et de paradis artificiels pour revenir à la réalité de la terre. " La musique vient de la terre. J'aime la musique "propre", claire, pour la famille ou les amis, la musique pour la musique. Dans la terre, il y a beaucoup de couleurs, le rouge, le vert, le bleu, le jaune : il faut les retrouver quand on joue, être clair comme le soleil ". Il arrête tout et part à Ouarzazatte.
Pendant 12 ans, il sera paysan puis travaillera à l’abattoir. Durant toute cette période, il continue cependant à fabriquer des instruments et la musique va finir par reprendre le dessus. Devenu maâlem à son tour, le sage retrouve son public. En 2001 il rencontre le chasseur bambara Sibiri Samaké et s’étonne des nombreux points communs existants entre leurs deux cultures. Liens étroits mis en lumière à travers la création Wijdan. Aujourd’hui il vit sa musique entouré de ses enfants et de ses disciples.
Gnawa music of Marrakesh night spirit masters : Bill Laswell, 1991 |