"Parmi les musiques populaires qui me touchent, du sud de l'Europe à L'Asie Centrale, les gitans ont toujours été mes compagnons, j'ai mis mes pas dans les leurs. Mais le vrai voyage est intérieur. La musique se nourrit à cette source intime, au creux du cœur, sous l'étoile, car il n'y a pas d'ailleurs meilleur, ni d'age d'or dans le passé. Chaque jour, sous un ciel de cuivre, on reprend la route, creusant un peu plus pour trouver le pain, le sel et l'or du chant profond". Depuis, Thierry « Titi » Robin, trace ainsi son propre chemin, entre deux cultures qui lui sont chères, la culture tzigane et la culture orientale. Il propose un son, un univers qui lui est propre, sans tenter d’imiter ni l’une ni l’autre mais plutôt de se les approprier humblement.
Cet autodidacte (joueur de oud, bouzouq et guitare) sait s’entourer. A ses débuts, les musiciens qui l’accompagnent dans les fêtes communautaires arabes et gitanes sont presque tous originaires de ces deux cultures. Les deux artistes phares dans sa démarche sont Camaron de la Isla, le cantaor flamenco et le maître irakien du oud, Munir Bachir. Progressivement, il amène sur la scène angevine un son différent, celui d’un ailleurs indéfinissable. Il se produit en duo avec Hameed Khan, tabliste indien et rencontre le chanteur breton Erik Marchand. Ils forment ensemble le trio Erik Marchand, tournent de scènes en scènes et sortent en 1991, un album novateur « An tri Breur ». Puis Titi Robin se révèle à travers différentes formations aux couleurs très diverses.
En 2002, il sort l’album « Rakhî » qu’il cosigne avec Gulabi Sapera. Ils marient leurs univers respectifs, sur la base de chansons de la caste des Kalbeliyas, les charmeurs de serpent du Rajasthan dont Gulabi est la danseuse emblématique. Titi Robin tisse ainsi les musiques entre-elles involontairement, il les métisse comme une évidence qui s’impose à lui. |