| Proche-Orient : Israël, Liban, Palestine Dans cette région du monde où les crises politiques donnent toute son urgence à une expression filmique souvent engagée, de petites industries cinématographiques encore à la recherche de structures sont défiées par l’actualité. Au-delà des images, la musique incite à croire, envers et contre tout, à la possibilité d’un avenir pacifique. La notion de rencontre qualifie en effet tout un pan du cinéma proche-oriental : rencontre entre Elia Suleiman, un réalisateur palestinien récompensé à Cannes, et Natacha Atlas, une diva internationale d’origine mixte, dans Chronique d’une disparition ; rencontres entre Nahum Hyman, figure majeure de la musique israélienne depuis 50 ans, et le réalisateur palestinien Ali Nasser pour La voie lactée, ou le réalisateur israélien Micha Shagrir pour Kav Hatefer, documentaire sur la vie de part et d’autre de “la ligne de démarcation” entre Israéliens et Palestiniens. C’est une rencontre plus problématique que relate le documentaire d’Anat Halachmi, Channels of Rage, sur deux rappeurs, l’Israélien Subliminal et le Palestinien Tamer Nafar, empêchés par la réalité politique de poursuivre leur collaboration. La richesse et le métissage de ces pays situés aux confins de l’Europe, l’Afrique et l’Asie, se reflètent dans leur musique. On peut le voir dans Terminal, documentaire de Dany Vaxsman sur la diva internationale israélienne d’origine yéménite Noa, qui a prêté sa voix à des films du monde entier. Même universalité aux saveurs régionales pour la musique composée par Israel Bright pour Barbecue people de David Ofek et Yossi Madmony, l’histoire ludique et semi autobiographique d’une communauté israélienne originaire d’Irak. ShemTov Levi qui a composé un rap en quatre langues pour Province United d’Uri Einbar et un raï hybride pour Desperado square de Benny Torati, est un autre grand compositeur du métissage. Auteur des musiques de Temps de grâce, un film à suspense de Yossi Cedar, et de Bonjour M. Shlomi de Shemi Zarhin, histoire d’un jeune homme incompris par son entourage, Jonathan Bar-Giora mêle dans ses compositions divers motifs des liturgies juives. Tandis que, dans Le Voyage de James à Jérusalem de Ra’anan Alexandrowic, qui suit les mésaventures d’un pèlerin en Terre sainte, la musique d’Ehud Banay intègre des motifs africains. Le poids de l’histoire et les difficultés d’une réalité que seule la musique, avec l’amour parfois, parvient à alléger, reviennent souvent dans ces films. C’est le cas du Mariage de Rana, “blocked road movie” palestinien de Hany Abu-Assad, ou de son docu-fiction sur les aventures d’un chauffeur de taxi collectif palestinien, Ford Transit chanté par Maya Nasri, ou encore du documentaire Mafateeh (Clé) de Salim Daw, accompagné au son du oud par Taiseer Elias. C’est aussi le cas des films libanais Le Cerf-volant de Randa Chahal-Sabbag et Terra incognita de Ghassan Salhab, accompagnés respectivement par la voix d’or de Souad Massi et la musique électrique du groupe libanais Soapkills. |