| Amérique latine : Argentine, Mexique Depuis quelques années, les regards cinéphiles sont tournés vers ce continent où un vent de fraîcheur créative souffle et s’impose en dépit des crises de société. Portée par une jeune génération de cinéastes, la « nouvelle vague argentine » engage des perspectives vives, à la fois intimistes et universelles. El Bonarense de Pablo Trapero décrit le quotidien rude et corrompu d’un petit poste de police en lisière de Buenos Aires, véritable microcosme de ce malaise social que dépeint également Bonanza de Ulyses Rosell, documentaire sur un excentrique qui vit en marge de cette société. Le groupe de folk-rock argentin Damas Gratis et Kevin Johansen, musicien originaire d’Alaska, signent respectivement la musique de ces films, dont les accents populaires sont soutenus par des traitements contemporains. Comme un passage entre la tradition et la vie actuelle, la douceur mélancolique du tango traverse aussi ce cinéma. C’est le cas chez Diego Grimblat, compositeur fétiche d’un cinéaste clé de cette nouvelle vague, Adrian Caetano, avec qui il a collaboré pour L’Ours Rouge et la série télé Tumberos, récompensée pour sa musique. Dans Bolivia, un autre film de Caetano, la flûte Péruvienne accompagne un chant latino-américain interprété par Los Kjarkas un groupe très connu outre-Atlantique. Dans le film choc Tan de Repente de Diego Lerman, au noir et blanc plein de nuances subtiles, la chanson Monica de Juan Ignaicio Buscayrol sert de fil narratif. Mais c’est à une autre relecture du tango que s’est livré Fernando Solanas compositeur, et maître du cinéma argentin dans La Nube, dont le chef d’œuvre Volvo al Sur a inspiré au Gotan Project un singulier tango électronique. Approche musicale semblable chez Mariano Nunez West, jeune compositeur qui accompagne Taxi, un encuentro, le premier long-métrage de la prometteuse Gabriela David.Une autre femme réalisatrice est Cristina Fasulino qui raconte dans El sur d’una pasion, une histoire d’amour et d’inceste rythmée par la musique captivante de Marcelo Ferreyra. Une magie semblable s’opère avec la mélodie de Carmin Profonde du Mexicain Arturo Ripstein, autre maître du cinéma latino-américain qui suit le trajet d’un couple, meurtri cette fois. Autre couple encore dans Vies brûlées de Marcelo Pineyro, version gay de Bonnie et Clyde qui fait appel à la chanteuse italienne internationale Rita Pavone dont la voix si particulière jouit aujourd’hui d’un regain de popularité en Argentine. Le délicat Historias Minimas de Carlos Sorin, filmé en Patagonie et accompagné par la composition de Nicola Sorin, le fils du cinéaste, clôt ce parcours, tout à la fois hybride et d’une grande cohérence. |