Le Mai du livre d’art
Chaque année, le Mai du livre d’art met à l’honneur une sélection d’ouvrages, fruits du travail et de la passion d’une cinquantaine d’éditeurs. Tout au long du mois de mai, de nombreux rendez-vous seront proposés au public, à Paris et en région : dédicaces d’auteurs, conférences, débats, colloques, animations jeunesse. Mais à l’occasion des 20 ans de l’événement, pour la première fois et pour s’ouvrir à un nouveau public, un Salon du Mai du livre d’art sera organisé le samedi 17 mai dans un lieu emblématique parisien, à l’occasion de « La Nuit des musées ». Un événement pour rendre le livre d’art plus accessible à tous !
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l'actualité
littéraire
Devoir d'insolence
Jean-Marie Rouart Edition Grasset
La littérature a toujours eu partie liée avec le pouvoir. Point commun? L'ambition. Croyez-moi, il faut aimer les ambitieux. Mais oui! A tout prendre, les chasseurs d'absolu qui tentent de s'ouvrir à de vastes horizons valent mieux que ceux qui se résignent à un univers mesquin. «Qu'ils gagnent ou qu'ils perdent à ce grand jeu de la vie m'importe peu. Mais qu'au moins ils tentent», écrit un grand ambitieux, Jean-Marie Rouart. L'ambitieux, on l'a compris, n'est pas l'arriviste. C'est celui qui entend faire de sa vie une oeuvre d'art. Ou, à défaut, une fête. Pour cela, il se jette à corps perdu dans l'action. Ou dans l'écriture. Jean-Marie Rouart, qui a choisi la seconde solution, s'est longtemps rougi les yeux aux feux du pouvoir. Il est ainsi victime de ce que l'on appellera pour l'occasion le syndrome Michel Strogoff: ce franc-tireur que l'on exila d'un service politique (au Figaro) vers des pages littéraires perdit la vue, un temps, pour s'être approché de trop près d'un pouvoir nommé Coupole. L'homme qui signe aujourd'hui un livre épatant, intitulé Devoir d'insolence,ne pratiqua pas toujours cet exercice. Et, puisqu'il nous invite à l'insolence, qu'il nous permette de l'être un peu et de constater qu'il lui fallut entrer à l'Académie française, ce temple désuet où l'on dit désormais la messe en psalmodiant des chansons, pour enfin se libérer du souci de plaire et tremper sa plume dans le vitriol. Le résultat est particulièrement roboratif! Admirablement écrit, dicté par l'envie de s'enthousiasmer et le regret d'avoir été déçu, ce petit livre pétillant propose une lecture romanesque et romantique de l'année présidentielle écoulée. Rouart ne sombre jamais dans la rumeur, tient les ragots à distance, préfère l'analyse au pamphlet. Et, surtout, il griffe. Insolent, il l'est envers Attali («l'Attila du petit commerce»), Villepin (de ces «esprits un peu égarés que l'on croise au pavillon des grands agités de Charenton»), Royal et ses livres («ce n'est plus la littérature à l'estomac dont parlait Julien Gracq, c'est la littérature de l'aigreur d'estomac») et, bien sûr, Sarkozy. Rouart est un persifleur. C'est-à-dire un écrivain. Un vrai.
François Busnel
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