Faut-il se précipiter sur Je reviens te chercher, le nouveau roman de Guillaume Musso, tiré à 300 000 exemplaires? Fiche de lecture.
Le pitch: à 23 ans, en plein Times Square, à New York, Ethan Whitaker prend la décision de forcer le destin pour devenir célèbre. Pari tenu, mais à quel prix: s'il a fait fortune en devenant un psy renommé, spécialiste du développement personnel, sa vie privée est un désastre. Jusqu'à ce samedi d'octobre où il va vraiment toucher le fond et tout perdre, y compris la vie. Ethan revit pourtant cette journée fatale à trois reprises, histoire de découvrir la vérité sur sa mort...
La phrase: «Et si nous étions tous à la poursuite de quelque chose que nous possédons déjà?» Bon sang, mais c'est bien sûr!
Le «+ produit» : Je reviens te chercher offre clairement deux livres pour le prix d'un: le digest des préceptes de David Servan-Schreiber et le digest du dictionnaire des citations - où figurent aussi bien Bossuet ou Montaigne qu'Hélène Grimaud, John Cassavetes, André Breton, Amélie Poulain, un proverbe chinois, Francis Scott Fitzgerald, Vladimir Nabokov, Serge Gainsbourg, J. D. Salinger, Annie Ernaux, Aristote, Don DeLillo, Marcel Proust, T. S. Eliot, un proverbe africain, Shakespeare, un proverbe persan. Sans oublier, summum du chic, une phrase du «philosophe-paysan» Gustave Thibon (1903-2001).
Notre avis: franchement, malgré un style allégé, Je reviens te chercher est du genre bourratif. Mais quelle idée, ce replay d'une même journée, à quelques variantes dramatico-philosophiques près? C'est d'un lassant! Lassant aussi le sempiternel fond de sauce new-yorkais, avec un assaisonnement sentimental sans saveur. Entre karma et destin, Guillaume Musso ressasse ici de vieilles scies existentielles dont on le croyait pourtant débarrassé depuis son précédent livre, Parce que je t'aime, autrement original. Cette fois, on dirait du Harlequin revu par André Comte-Sponville. Autant dire un livre très «dispensable».