Après les crocodiles, les tortues... la blonde Katherine revient avec une saga familiale déjantée. Et les lectrices adorent.
Difficile d'échapper à la tornade Gavalda. Pourtant partie en tête, la tortue pancolienne s'est allègrement fait rattraper en deuxième semaine. Campagne d'affichage, pubs radio, promotion à la télé... la force de frappe d'Albin Michel n'aura pas suffi à l'imposer face à la «stratégie du silence» de sa cadette.
Qu'importe! Katherine Pancol exulte. «Je me sens très proche d'Anna, confie la blonde au sourire éternel, nos lecteurs sont pareillement heureux lorsqu'ils referment nos livres. Et puis, être troisième, c'est déjà formidable.» Il est vrai qu'avec quelque 60 000 exemplaires écoulés (sur un tirage de 150 000) La Valse lente des tortues semble bien partie pour connaître un succès similaire à celui du précédent volet de sa saga familiale, Les Yeux jaunes des crocodiles - plus de 360 000 vendus, toutes éditions confondues, selon Edistat.
Un vrai filon que cette famille déjantée à souhait, avec la soeur diabolique, la mère cupide (les adjectifs sont interchangeables), le séduisant beau-frère, les adolescentes perturbées, le beau-père généreux... Pour ceux qui auraient raté le premier épisode, pas de panique: en quelques pages, le générique défile. Au centre de la scène, Joséphine Cortès, bien sûr, «celle à qui toutes les lectrices s'identifient». La quarantaine au grand coeur et à la naïveté confondante, la mère d'Hortense et de Zoé assume mal son nouveau statut de femme riche (son premier roman a cartonné) et libre (un crocodile a envoyé son piètre mari ad patres). D'autant qu'autour d'elle les jalousies s'exacerbent, les méchants affluent et les crimes se multiplient.
Moins maîtrisé et plus archétypal que La Consolante,de Gavalda, le dernier pavé de Pancol atteint néanmoins son but: passer du baume au coeur à tous les gentils dominés d'aujourd'hui.