Le Mai du livre d’art
Chaque année, le Mai du livre d’art met à l’honneur une sélection d’ouvrages, fruits du travail et de la passion d’une cinquantaine d’éditeurs. Tout au long du mois de mai, de nombreux rendez-vous seront proposés au public, à Paris et en région : dédicaces d’auteurs, conférences, débats, colloques, animations jeunesse. Mais à l’occasion des 20 ans de l’événement, pour la première fois et pour s’ouvrir à un nouveau public, un Salon du Mai du livre d’art sera organisé le samedi 17 mai dans un lieu emblématique parisien, à l’occasion de « La Nuit des musées ». Un événement pour rendre le livre d’art plus accessible à tous !
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l'actualité
littéraire
9-2, le clan du président
Hélène Constanty, Pierre-Yves Lautrou Edition Fayard
Pour comprendre un homme politique, il faut revenir à son berceau émotionnel. Pour Nicolas Sarkozy, il s'agit des Hauts-de-Seine, où le jeune militant, zélé serviteur des puissants d'alors, fourbit ses armes dans les années 1970. Voici d'ailleurs une première spécificité de l'actuel président de la République: il a constitué le clan avec lequel il a pris d'assaut le pouvoir suprême aux alentours de ses 20 ans, quand un François Mitterrand ou un Jacques Chirac attendirent la trentaine pour former leur phalange. Dans 9-2, le clan du président, Pierre-Yves Lautrou, membre du service Régions de L'Express, et Hélène Constanty effectuent un stupéfiant voyage dans l'espace et dans le temps. L'espace, c'est cette étrange banane alto-séquanaise, guirlande de 36 communes où se côtoient des banlieues difficiles et des havres dorés et où, en plus de la Seine, coule une rivière d'argent. Le temps, ce sont les trois décennies qui séparent la conquête du département par Charles Pasqua et celle du pays par Nicolas Sarkozy. Presque tous les héros de cette épopée sulfureuse partagent, en effet, deux caractéristiques: ils sont des enfants de Charles Pasqua, des «Pasqualitos», et des affidés de Nicolas Sarkozy, des «Sarko boys». Chacun a conquis et fortifié une commune ou un canton, y appliquant les recettes Pasqua. Puis tous se sont mis, chacun à son tour, au service de Nicolas Sarkozy. De Manuel Aeschlimann (Asnières) à André Santini (Issy-les-Moulineaux), en passant par Patrick Devedjian (Antony) ou Patrick Balkany (Levallois), les réalisations impressionnent souvent, les méthodes effraient toujours. Sarkozy est le plus talentueux, le plus déterminé d'entre eux, appuyé aussi sur la plus riche des communes, Neuilly. Dans les Hauts-de-Seine, le chef de clan a appris quelques règles de base. Le clientélisme, d'abord, qui enseigne que rendre service, c'est investir pour les prochaines élections. L'amitié, ensuite: la justice ou la disgrâce passent, Sarkozy reste fidèle. L'égoïsme, enfin, ce noyau dur de l'ambition sans lequel ne pousse aucun arbre du destin. En raflant la mairie de Neuilly, en avril 1983, au nez et à la barbe de Charles Pasqua, Nicolas Sarkozy montre, à 28 ans, que l'élève va dépasser tous les maîtres. Il ne dérogera plus à cette règle: tout est rapport de forces, on n'obtient en politique que ce qu'on arrache. L'actuel président a cultivé un ultime trait dans les Hauts-de-Seine: d'origine hongroise, il est devenu corse dans l'esprit. C'est dire si rien ne peut être au-dessus du clan.
Christophe Barbier
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