Nouvelles Voix
Les éditions Pocket ont créé une collection qui donne la parole aux nouvelles voix francophones venues de l’Hexagone, de Belgique ou d’Afrique. De jeunes auteurs qui nous livrent leurs univers inattendus, déroutants, fascinants, nouveaux, à découvrir et faire découvrir.
Cette rentrée s'ouvre sur un florilège foisonnant de créativité, avec notamment la plume légère et aiguisée de Victoria Bedos, l'univers fantaisiste et loufoque de Thomas Paris ou encore l'introspection pleine d'autodérision de Eric Dardill.
Une collection à dévorer pour la rentrée !
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l'actualité
littéraire
Mauvaise langue
Cécile Ladjali Edition SEUIL
A tous ceux que l'état actuel de la langue française plonge dans un irrépressible pessimisme (ils sont, hélas, de plus en plus nombreux), il faut conseiller la lecture d'un petit livre revigorant: Mauvaise langue, de Cécile Ladjali. Cette jeune femme de 36 ans, d'origine iranienne, raconte comment elle s'efforce de concilier sa passion de romancière et son métier d'enseignante. C'est instructif, fort et rassurant. Cécile Ladjali ne tourne pas autour du pot. Elle affirme dès les premières pages que «le problème d'une certaine jeunesse est qu'elle ne peut pas ou ne sait pas dire qui elle est». Il lui manque le vocabulaire mais aussi, et surtout, la syntaxe. Ah, la syntaxe! Elle est devenue, pour les élèves comme pour les profs (et parfois même pour les écrivains), une citadelle imprenable. Comment l'enseigner? Il existe des «solutions simples», affirme Cécile Ladjali, qui connaît son sujet pour exercer aussi bien à la Sorbonne qu'en banlieue parisienne. Restaurer l'apprentissage par coeur, par exemple, à condition que le professeur soit capable d'incarner son texte et fasse l'effort de le connaître, lui aussi, par coeur. Faire comprendre aux élèves que tout ce qui est beau est difficile d'accès. Que le travail ouvre les portes de l'enthousiasme. Que le savoir est au fondement du plaisir. Ou encore que l'art de la grammaire est comparable à l'art culinaire: adjectifs et adverbes sont là pour décorer la phrase, lui apporter des saveurs inédites. «Qu'est-ce qui est le plus regrettable, demande Ladjali. De ne pas réussir à différencier une métonymie d'une synecdoque l'année du bac, ou de n'avoir jamais avoir étudié une tragédie de Racine?» Nul doute qu'on lui reprochera d'avoir les yeux rivés sur le passé, de vouloir importer une «culture bourgeoise» chez les jeunes de «banlieue» ou de cultiver l'élitisme. «Oui», répond-elle, assumant à merveille ce qu'elle considère comme le bagage nécessaire pour que, dans un monde de plus en plus gouverné par les chiffres, survivent les lettres.
François Busnel
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