Deux auteurs donnent la vedette au célèbre train qui relie Moscou à Vladivostok. Deux beaux livres où une Française voyage par amour...
C'est une voie ferrée de 9 000 kilomètres et quelques, qui traverse 990 gares, parcourant la Russie de part en part depuis la fin du xixe siècle. Le célèbre poème de Blaise Cendrars, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, publié en 1913, en a fait un train de légende. Deux auteurs de cette rentrée cèdent, eux aussi, à leur fascination pour ce périple mythique. Dans son premier roman, Le Voyage à Vladivostok, tout en pudeur et en sobriété, Emmelene Landon y entraîne Jeannine Aubin, batelière. Impossible pour cette Française d'oublier les quelques jours et autant de nuits passés, à Paris, au côté d'Ivan Kirkov, marin au long cours. Elle décide de partir à sa recherche et prend le train au départ de Moscou, à destination de Vladi- vostok dont Ivan a fait sa ville d'adoption. Le temps de traverser l'Oural, la taïga sibérienne, de contourner le lac Baïkal et de remonter le long du fleuve Amour, Jeannine va passer une semaine dans le Transsibérien.
Anne, l'héroïne du nouveau et splendide roman de Michèle Lesbre, Le Canapé rouge, descend avant, à Irkoutsk. Puis elle gagne les bords du Baïkal où Gyl, son ancien amour, a refait sa vie. Mais, pour les deux femmes, ce voyage, entrepris sur un coup de tête, est un prétexte. Prétexte à s'évader, à la découverte d'une Russie postsoviétique dont les usines en ruine et les quais désaffectés n'arrivent pas à éclipser la beauté des paysages, leur immensité ponctuée de pins et de bouleaux. C'est surtout un prétexte à l'introspection, à la réflexion. Tandis que Jeannine découvre le sentiment amoureux, Anne ne cesse de penser à sa vieille voisine et à son canapé rouge, à leur complicité tissée au gré de lectures féministes. Très différentes l'une de l'autre, ces deux histoires exaltent avec une même intensité la magie du Transsibérien...