Sauvons le patrimoine littéraire !
Les éditions Adonis, dont la mission est de "diffuser sous une forme agréable et moderne les Trésors de la littérature romanesque mondiale", se sont associés à l’Organisation Internationale des Pays Francophones (OIF) et à l’UNESCO pour mettre au point un projet de "Sauvegarde et Diffusion du Patrimoine Littéraire Mondial".
De cette collaboration est née la production d’une cinquantaine de bandes dessinées de grande qualité à partir des romans les plus célèbres de la littérature internationale. Pour faciliter l’accès à l'œuvre originale, chaque album dispose d'un CD rom gratuit qui contient le texte original en numérique du livre et sa version audio.
TV5.org vous offre la possibilité de gagner ces albums grâce au concours littérature ! Bonne chance !
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l'actualité
littéraire
Odeur du temps. Chroniques du temps qui passe
Jean d' Ormesson Edition Héloïse D'Ormesson
Jean d'Ormesson, dont l'esprit est si peu académique, vient de publier l'un de ses meilleurs livres. C'est un recueil de chroniques. Oui, de ces articles écrits au jour le jour et sur lesquels s'abat l'oubli, puisque, c'est connu, le journalisme ne survit pas à la nuit qui tombe. Mais que se passe-t-il? Voilà que, par un prodige dont seule la langue est capable, ce qui fut écrit pour disparaître résiste si bien au temps que, de gouttelette de lumière, il devient phare. Eh oui, Odeur du temps est un livre irrésistible. Jean d'O montre ici - sans le vouloir? - que le journalisme, s'il ne fabrique presque jamais de grands romanciers, offre parfois de superbes morceaux de littérature. Dans des pages où la fièvre et la joie clopinent en une étourdissante sarabande, il parle, merveilleusement, de ce que l'immense Toulet, poète aussi génial que méconnu, nommait «la douceur des choses»: un livre que l'on a aimé, une maîtresse que l'on n'a pas eue, telle autre qui vous donna du plaisir et telle qui provoqua les chagrins, un bain de mer avant la caresse du soleil, les sempiternelles promenades face à la Douane de mer (je le soupçonne de se les imposer, ces promenades, dans le seul dessein de ravir à Venise la trace de Chateaubriand, tout comme, jadis, le Vicomte tenta de le faire avec son modèle et rival, lord Byron), les souvenirs, le sport, le cinéma, les idées... La vie qui passe, en somme. C'est gai. Léger. Désinvolte. Très sérieux. Un peu cabot. Mais surtout extraordinairement vivant. Jean d'O écrit des choses minuscules et immenses. Il dresse ainsi un saisissant tableau de l'époque. Ce sont des portraits d'écrivains, des odes à la poésie, des canulars de khâgneux, des saillies contre le cynisme et la platitude de contemporains qui ne le comprennent qu'à demi. On lui doit de célébrer la frivolité et, avant tout, de nous faire comprendre que la frivolité, lorsqu'elle s'appelle lecture, amour ou voyage, est essentielle. Merci! C'était bien.
François Busnel
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