On aime bien Marc Fiorentino. Dans le landerneau financier, cet ex-banquier d'affaires - à présent président de la société de Bourse Euroland Finance - ne connaît pas la langue de bois, et c'est suffisamment rare pour être souligné. Pour les médias, le bonhomme est ce qu'on appelle un «bon client». Il faut dire que ce fort en gueule a le sens de la formule. Et du métier: éditorialiste à La Tribune et à BFM, il dirige aussi le site de conseil AlloFinance.
En 2005, «MF» s'était taillé un joli succès avec un premier ouvrage, paru chez Bourin (Tu seras un homme riche, mon fils). Cette fois, il s'essaie au roman - un «thriller», selon son éditeur, Robert Laffont. Les amateurs de John Grisham seront déçus. Mais il faut rendre grâce à l'auteur de plonger le lecteur, à l'heure où la planète Finance fout le camp, dans un univers encore largement méconnu: celui des traders - leur obsession du fric, leur jargon, leur style et leur train de vie...
Fiorentino, lui-même ancien trader, connaît son sujet. Les pages sur la panoplie du parfait golden boy des années 1980 ou les week-ends à l'Eden Roc, au Cap-d'Antibes, ont le goût du vécu. Il ne manque pas non plus d'humour ni de recul. «L'avantage du trading, dixit Sam Ventura, son héros, c'est de permettre de cumuler tous les vices en affirmant, costume rayé et mine sérieuse: "Je travaille dans la finance."»