Vers 1975, ils furent le plus grand groupe de rock du monde. François Bon ravive le culte Led Zeppelin dans une bio agréable.
En musique, on appelle ça une compilation. L'écrivain François Bon a rassemblé tout ce qui a été dit, écrit et enregistré depuis quarante ans sur la quintessence anglaise du sex, drugs and rock'n'roll: Led Zeppelin. Sans jamais les avoir rencontrés, sinon comme spectateur pour deux concerts qui ont marqué sa jeunesse, il en a tiré un livre qui concentre qualités et défauts de toute compil: complet, agréable, mais manquant d'un soupçon de grâce.
Le casting est éblouissant: un guitariste ex-cantonnier et collectionneur de préraphaélites (Page), un chanteur fou de Tolkien (Plant), un batteur «champion d'Angleterre des buveurs de bière» (Bonham) et un bassiste taciturne (Jones). Entre 1968 et 1971, ils vont sortir quatre 33-tours qui posent les bases du heavy metal. Et se livrer à une série de frasques qui sculpteront leur légende - orgies sexuelles avec des groupies et un requin vivant (!), jet de Volkswagen dans un port «pour voir si elle flotte» (non...), chambres d'hôtel réduites en petit bois...
Mais, comme toujours avec ces épopées rock, c'est la litanie de détails qui ravira le fan: le nom du groupe leur a été soufflé par le batteur des Who à partir de l'expression lead balloon (ballon de plomb); Jimmy Page, qui cachetonna dans les sixties sur certains disques de Johnny Hallyday, qualifiait le chanteur français de «photocopieur musical»; Whole Lotta Love, l'un de leurs titres cultes, fut joué live pour la première fois à un gala de l'Ecole centrale, avec, à la même affiche, Boby Lapointe; pour gérer leurs excès divers durant les tournées, les membres du groupe étaient suivis à la trace par leur avocat et leur médecin, installés dans une Lincoln or... En revanche, on en veut à François Bon d'avoir traduit les paroles de Stairway to Heaven, hymne planant de plusieurs générations d'adolescents. Quoi de moins rock que cet «Escalier pour le ciel»?