Libanismes : appel à contributions
Les mots ou expressions inventés et utilisés par les Libanais francophones s'appellent des "libanismes". Ils donnent à la langue une couleur orientale qu'on ne retrouve pas dans les livres de grammaire...
Yalla, à vos claviers ! Envoyez vos libanismes au journal "L'Orient le Jour".
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l'actualité
littéraire
Paradis conjugal
Alice Ferney Edition Albin Michel
Une quadragénaire en crise visionne en boucle un classique hollywoodien. Alice Ferney déçoit avec ce parallèle convenu entre cinéma et réalité. Rien n'est plus pénible qu'un inconnu, à la table d'à côté, dévoilant tout d'un film que vous avez envie de voir. Cette impression de plaisir gâché, c'est celle que l'on ressent à la lecture du roman d'Alice Ferney, Paradis conjugal. Sans doute la romancière (douée) de La Conversation amoureuse croyait-elle tenir un sujet en or avec le parallèle entre la vie d'Elsa Platte, quadragénaire en pleine crise sentimentale, et le film Chaînes conjugales, de Joseph Mankiewicz. Mais il faut toujours se méfier des bonnes idées; ce n'est pas Alexandre Platte qui dirait le contraire. Lorsqu'il offrit le DVD à son épouse, jamais il n'imaginait que celle-ci passerait son temps à le regarder en boucle, quitte à délaisser toute autre activité. Dans ce classique hollywoodien, Mankiewicz mettait en scène trois femmes sur un bateau, bouleversées par une lettre leur annonçant une terrible nouvelle: le mari de l'une d'elles va partir avec leur meilleure amie. Ce soir-là, cette histoire qui fascine tant Elsa entre en résonance avec sa vie. En voyant les actrices sur l'écran, elle songe à sa carrière de danseuse abandonnée, à ses enfants qui regardent la télé avec elle, à sa vie sexuelle quelque peu mise de côté, et à Alexandre qui ne va peut-être jamais revenir. Qui a dit: «On le comprend»? Les allers-retours entre réalité et cinéma ennuient au bout de 50 pages (le format de la nouvelle aurait été plus judicieux), l'analyse du couple multiplie les poncifs pour émissions de Delarue, et Alice Ferney se fourvoie souvent dans les considérations pompières («L'existence est le venin. Le film est l'antidote, un vaccin»). Pour le prix de ce roman décevant, offrez-vous plutôt le DVD de Chaînes conjugales. Et, surtout, ne racontez pas le film de long en large à votre entourage!
Baptiste Liger
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