Dans le tome XII de ses aventures, Titeuf voit venir avec effroi les troubles de la puberté...
Titeuf est «supercontent». Il va passer une semaine de vacances chez son tonton Léo et retrouver son cousin Thierry, de deux ans son aîné, qui lui a appris plein de trucs intéressants, comme planter un pétard dans une bouse de vache. Mais voilà, Thierry a des boutons sur le nez, trois poils de moustache et dort toute la journée. «C'est contagieux, l'adolescence?» demande un Titeuf inquiet.
Ainsi s'ouvre le tome XII des aventures du gamin le plus célèbre des cours d'école, qui se sont déjà vendues à 16 millions d'exemplaires et ont été traduites dans 25 langues. Toujours incapable d'avouer son amour à Nadia, Titeuf envisage avec anxiété ce moment où il va falloir se mélanger les langues, goûter à la cigarette et inviter des filles à danser le slow. «Il est dans l'antichambre de l'adolescence, mais il n'y entrera jamais, précise le dessinateur Zep, son papa. Titeuf est celui qui me rappelle mon enfance et je ne veux pas le faire grandir.»
Il n'empêche que la réussite de cet album, Le Sens de la vie, tient dans la capacité de Zep à confronter tout doucement son héros à une époque dont la dureté agit autant sur ses amis et sa famille (un père au chômage et en dépression) que sur son propre caractère. Que les jeunes têtes, blondes ou brunes, qui lisent ces colonnes - il n'est jamais trop tôt pour bien faire - se rassurent, Titeuf continue d'imaginer des bêtises et Vomito d'en faire voir de toutes les couleurs, si l'on peut dire, à l'infirmière médicale. Mais, l'âge avançant et la paternité aidant, Zep bâtit moins, désormais, ses historiettes sur une chute de gag et les trouvailles de langage («lâchez-moi le slip», les «momosexuels») que sur la peinture d'une atmosphère qui fait écho aux préoccupations des enfants. Et donne l'occasion aux parents d'ouvrir la porte d'un jardin où poussent fleurs, broussailles et orties.