Chaque chagrin d'amour est un renouveau. Pour oublier celle qui l'a aimé, Bill, un Californien de 27 ans, a pris son sac de marin et s'est lancé à la découverte du monde. Le hasard l'a conduit à Sarajevo, un jour de mars 1993, comme bénévole d'une organisation humanitaire. Là, il bascule, saisi d'horreur devant la mise à mort programmée d'une ville d'Europe. Son quotidien devient celui des habitants de ce ghetto, où l'on boit l'eau des égouts et où l'absence de désir devient le présent le plus tendre que l'on puisse offrir. Sarajevo, où, jusqu'au bout, les filles useront de stratagèmes pour pouvoir se maquiller.
Tous les grands reporters qui ont couvert les guerres de l'ex-Yougoslavie ont leur Bill, caché dans un recoin de la mémoire. Sébastian, Anne ou Bruno, ces jeunes humanitaires, on les a tous rencontrés au volant de camions bourrés de médicaments ou de vivres, bravant la loterie des snipers de Bosnie ou précédant de quelques heures les soldats de l'Otan au Kosovo. Ils vivaient d'humour noir et de fraternité. Dix ou quinze ans plus tard, ils ont tous laissé une partie de leur coeur dans les Balkans.
L'histoire vraie de Bill Carter, auteur du film Miss Sarajevo et qui réussit à mobiliser le groupe irlandais de rock U 2, se lit comme le roman d'apprentissage d'une génération européenne.