TV5MONDE Le Caire : carte postale interactive : reportages photographiques, sons, vidéos, panoramiques 360°, musique et ressources documentaires.
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  Le peuple égyptien a toujours été passionné de musique et de chant, l’Egypte exerçant dans ce domaine une hégémonie qui s’étend bien au-delà de ses frontières. Avec ses près de 70 millions d’habitants qui forment l’un des plus grands marchés de la musique du Moyen-Orient, mais aussi ses compositeurs, paroliers, écoles de musiques… le climat égyptien a permis et permet toujours l’épanouissement de nombreux talents, reconnus dans le monde entier. De la grande Oum Kalsoum aux chanteurs à succès d’aujourd’hui, ballade musicale au cœur du Caire.

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  Chansons égyptiennes d’aujourd’hui
Forte d’une riche histoire musicale, terre natale des plus grands noms de la musique arabe, comme Abdo Al-Hamouli, Sayyid Darwish, Mohamed Abdel-Wahab ou Oum Kalsoum, l’Egypte est considérée comme le pays phare de la musique arabe. Une position où Le Caire trouve largement sa place, la capitale égyptienne étant devenue le passage obligé de tout chanteur arabe qui cherche la célébrité. Dans les studios cairotes défilent en effet régulièrement libanais, syriens, koweïtiens, saoudiens, tunisiens ou marocains… pour l’enregistrement de leurs chansons ou pour solliciter les compositeurs du coin. Certains ont même élu domicile au Caire tels l’algérienne Warda, la tunisienne Latifa, la marocaine Samira Saïd ou encore le syrien Majd Al Kassem. C’est dans ce riche climat musical, favorable à l’épanouissement des talents, qu’ont évolué et évoluent toujours des chanteurs égyptiens devenus des stars dans le monde arabe et bien au-delà pour certains. En partenariat avec le site RFI-Musique, nous vous proposons ci-dessous un aperçu de la production d’aujourd’hui, à travers des extraits des morceaux les plus connus des artistes de la nouvelle génération.


Hany Shaker : "meshwar"
(promenade)
Hany Shaker s’intéresse à la musique depuis son enfance. Bercé par les plus grandes voix de la chanson égyptienne, il se passionne surtout pour Abdel Halim Hafez, star disparue en 1977 mais qui est restée l’idole d’un très grand nombre de jeunes chanteurs arabes. Hany commence par faire du piano au conservatoire et participe à des émissions pour enfants à la radiotélévision égyptienne. Plus tard, il travaille avec les compositeurs arabes les plus célèbres et c’est Mohamed Al Mougui qui lui donne son premier titre "Heloua ya dounia" (Tu es belle, la vie) en 1973. Il compose en plus lui-même quelques unes de ses chansons. Hany Shaker, qui se produit aux quatre coins du monde, est souvent invité par les plus grandes manifestations musicales du monde arabe. "Meshwar" (promenade) est l’un de ses derniers succès ; il est extrait de "Garhi ana" (Ma blessure).

Amr Diab : "tamally maak"
(toujours avec toi)
Originaire de Port-Saïd, Amr Diab est l’un des pionniers de ce qu’il est convenu d’appeler en Egypte la chanson de la jeunesse ou encore musique de la nouvelle génération, cette vague du Nil qui se caractérise par des chansons moins puritaines, courtes, rythmées et interprétées à grand renfort de synthétiseurs. Choisi par l’Unesco pour donner des concerts au profit de ses œuvres humanitaires, Amr Diab est déjà une superstar dans le monde arabe. Mais si aujourd’hui ses concerts déplacent les foules, son premier album, sorti en 1982, n’a pas eu le succès escompté. Ce n’est qu’en 1989 qu’il connaît un vrai succès avec "Mayyal", un morceau classé par une société allemande de production parmi les cinquante meilleures chansons du monde de l’année. Avec "Nour el ain" (Prunelle de mes yeux) il obtient le disque d’or et le prix de la meilleure interprétation masculine au festival de la chanson arabe d’Abou Dhabi en novembre 1996 avant d’être récompensé en mai 1998 pour les meilleures ventes au Moyen-Orient lors de la dixième édition des "World music awards" à Monaco. "Tamally maak" (toujours avec toi) est l’un de ses derniers tubes.

Mohamed Fouad : "el alb el tayeb"
(le bon cœur)
Né au Caire en 1961, Mohamed Fouad commence sa carrière au début des années 80 avec le groupe Four M (4 M). Il connaît le succès dès son premier album "Fil sikka" (sur le chemin) mais c’est son interprétation de "Yalla bina yalla" (allons-y, allons-y) qui le propulse vraiment sur le devant de la scène. Mohamed Fouad a plus d’une corde à son arc. Il compose lui-même certaines de ses chansons et, à l’instar de nombreux chanteurs égyptiens, fait aussi du cinéma. "El alb el tayeb" (le bon cœur) est son dernier succès.

Mohamed Mounir : "talab es-samah"
(il a demandé pardon)
Originaire d’Assouan, dans la Nubie égyptienne, Mohamed Mounir est le premier chanteur de sa région à s’imposer en Egypte. Il commence sa carrière pendant son service militaire et enregistre son premier album en 1979. Plus tard, sa passion pour la musique le pousse à délaisser son métier de caméraman pour se consacrer entièrement à la chanson. Adepte des mélanges musicaux, on reconnaît l’influence de la musique traditionnelle égyptienne dans toutes ses chansons mais aussi celles de Miles Davis, Bob Marley ou encore Otis Redding. Pour lui, la chanson à succès est celle qui sait suivre l’évolution de son époque. Mounir fait aussi du cinéma et joue souvent pour Youssef Chahine. Il a notamment interprété le rôle du chanteur dans "Le destin", un long-métrage qui a valu au réalisateur égyptien le prix spécial du 50ème festival de Cannes. "Talab es-samah" (il a demandé pardon) est le premier titre de son dernier album.

Mohamed Al Helou : "habibik"
(ton amoureux)
Il est né à Mansourah, à 150 kilomètres au nord du Caire mais s’est vite installé dans la capitale pour réaliser son ambition : devenir chanteur. Après ses études musicales, le grand chanteur-compositeur Mohamed Abdel-Wahab le remarque. Mohamed Al Helou n’aime que la chanson arabe classique, celle qu’on qualifie de tarab, ou au moins celle qui s’en inspire. Son titre "Aheemo shawqan" (je plane par amour) lui a d’ailleurs valu le prix de la meilleure chanson traditionnelle masucline à Abou Dhabi en 1996. "Habibik" est extrait de l’album "Achkoroki" (je te remercie).

Medhat Saleh : "Al asmarany"
(le brun)
Né dans une famille de neuf enfants, Medhet Saleh passe toute sa jeunesse dans le quartier populaire de Shubra, au Caire. Il apprend le Coran très tôt et achève ses études par une licence de littérature arabe obtenue à la prestigieuse université d’Al-Azhar. Passionné par la musique depuis son enfance, Medhat commence par former un groupe pour le chant religieux au sein de son quartier. Il intègre plus tard différentes formations musicales et enregistre son premier album avant même de finir ses études universitaires. En 1987, Medhat Saleh participe au Festival de la chanson en Turquie et obtient l’Orange d’argent pour son titre "Kawkab thani" (Une autre planète). Vendue à plus de deux millions d’exemplaires, cette chanson lui vaut un disque de platine. Artiste multidisciplinaire, Medhat Saleh compose lui-même certaines de ses chansons et travaille parfois comme acteur, notamment au théâtre où il s’est distingué aux côtés de la danseuse orientale Fifi Abdo.

Ghada Ragab : "wana mali"
(pourquoi je m’en suis mêlée ?)
Agée d’une vingtaine d’années, Ghada Ragab est déjà une chanteuse confirmée avec plusieurs succès à son actif. Elle a notamment reçu le Micro d’or du quatrième festival de la chanson arabe d’Amman, Jordanie, en 1995. Ghada baigne dans une ambiance musicale depuis son enfance. Ses parents sont professeurs de musique et sa sœur, Nivine, est également chanteuse. Ghada Ragab chante à la radio et à la télévision depuis l’âge de cinq ans. A huit ans, elle a connu un grand succès en interprétant l’une des chansons de la diva égyptienne Oum Kalsoum. Sa chanson "El kameh el leyle" (le blé cette nuit) lui a valu le surnom de "la chanteuse des épis" de la part de la presse égyptienne. Malgré son jeune âge, elle a déjà travaillé avec les plus grands compositeurs égyptiens.

Hisham Abbass : "habibi dah"
(c’est lui que j’aime)
Né au Caire, Hisham Abbas répond à celui qui lui demande sa date de naissance qu’il est du signe de la vierge. Il s’est passionné très tôt pour la musique, et dans son enfance, a interprété des chansons dans des langues qu’il ne connaissait pas, en français ou en indien. Etudiant à l’Université américaine du Caire, il y a appris la musique parallèlement à ses études en génie mécanique. Il participe avec la chorale de l’établissement à quelques concerts à l’étranger, notamment en Hollande et en Italie. Ingénieur du son dans la maison de production égyptienne Americana show, il y intègre une formation musicale. Après avoir produit quelques albums avec le groupe, il décide de voler de ses propres ailes et enregistre ses propres chansons qui deviennent rapidement des tubes.

Ihab Toufic : "habib el alb"
(mon grand amour)
Ihab Toufic s’intéresse à la chanson depuis son enfance. Très jeune, il intègre la chorale de son école et apprend à jouer du oud, le luth oriental avant d’entamer des études supérieures dans la musique. Sanctionnés par un magistère, ses travaux à l’université portent sur la chanson égyptienne de la deuxième moitié du XXème siècle. En 1990, il enregistre "Ikminni", son premier album, avec le compositeur Hamid Al Shaeiri avant de s’entourer d’autres compositeurs célèbres. Parmi ses plus grands succès "Adda al layl" (la nuit est passée), chanson classée pendant plusieurs semaines à la tête des hit-parades du monde arabe et qui lui vaut le disque de bronze au festival d’Abou Dhabi en 1996.

Moustafa Amar : "law saalouni"
(si on me posait la question)
Originaire d’Alexandrie, Moustafa Amar a commencé par chanter pour ses amis. Il rejoint Le Caire après avoir décidé de faire de la chanson sa profession. Il y enregistre son premier album dont la chanson-titre "Ya wad ya skandarani" (Toi le garçon d’Alexandrie) le propulse sur le devant de la scène non seulement en Egypte mais aussi dans les autres pays arabes. Depuis l’université, Moustafa Amar est connu pour son amour pour la guitare. Il compose lui-même une bonne partie de ses chansons mais travaille aussi avec d’autres compositeurs égyptiens.

Hakim : "ololoh"
(dites-lui)
Hakim, né le 6 octobre 1961, est le fils du maire de Maghagha, un village situé à 170 kilomètres du Caire. Passionné par la musique depuis son enfance, il imitait déjà à dix ans Ezzabi et Adawiya, deux chanteurs égyptiens très populaires. Mais, confronté au refus de son père qui lui interdisait de chanter, il a commencé par faire des études de communication et ne s’attendait pas du tout au succès qu’a connu son premier album "Nazra" (Regard), sorti fin 1991 et qui l’a littéralement projeté sur le devant de la scène. Hakim, qui se réclame du shâabi, la musique populaire dédaignée par les élites du Caire, dit que ses textes interpellent les gens du peuple. Basés sur des proverbes ou des scènes de la vie quotidienne des quartiers pauvres, ils parlent d’amour, d’amitié, de trahison. "Ololoh" est l’un de ses derniers succès, extrait de son album "Yahooo".

Hussam Hosny : "arfah"
(tu sais ?)
Hussam Hosny commence sa carrière au début des années 90. Artiste multidisciplinaire, il est chanteur, compositeur et arrageur, titulaire d’un magistère en éducation musicale dans le domaine de la composition et de l’orchestration. Hussan travaille souvent pour de très célèbres chanteurs égyptiens comme Mohamed Fouad, Amr Diab, Hany Shaker ou Moustafa Amar… et compose évidemment la plupart de ses chansons. "Arfah" est extrait de son dernier album.

Farès : "ololi"
(dites-moi)
Amateur de guitare, Farès commence sa carrière en 1986 avec Hamid Al Shaeiri. Tous les deux participent à la création de l’orchestre Al Mezdawiyah. Compositeur de talent, Hamid Al Shaeiri détecte rapidement chez son ami une passion pour la chanson et l’incite vivement à chanter. Il lui enregistre en 1988 un premier album "Farès wel Mezdawiyah" et lui donne aussi des compositions qu’il interprète même en dehors de cet ensemble. Plus tard, Farès travaille avec d’autres compositeurs, produit des albums et enregistre des chansons qui connaissent un succès considérable. "Ololi" est extrait de son album "Ya habibi" (Oh mon amour).




  Crédits : Fady Matar
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