Destination RéussiteCarnet de route SingapourSingapour : une île qui ne regarde pas la merD'abord, il y a cette vision au travers du hublot : des centaines de tankers dormant dans la brume, tous alignés pour franchir le détroit de Malacca. Un tiers du trafic mondial passe par cette voie maritime. Une aubaine pour les pirates de la côte indonésienne, qui lancent régulièrement leurs rapides embarcations sur ces vaisseaux gorgés de biens. A quelques dizaines de kilomètres des écumeurs de mers, Singapour, à l'extrême sud de la péninsule malaise. Une citadelle d'ordre et de richesse. Descente rapide et atterrissage. Pas de visa requis, les autorités favorisent la venue des businessmen. Première impression : la moiteur, 32 degrés et une humidité constante. Une sensation de plus en plus rare dans cette ville ultramoderne où les climatiseurs sont quasiment partout. Singapour est une île, qui ne regarde pas la mer. Seulement la richesse et les biens qui en proviennent. Rendez-vous pris avec mon contact, un médecin français, cadre d'une multinationale. Il passe me chercher à la sortie des bureaux, à 20 heures. Il a commencé 12 heures plus tôt. Le quotidien à Singapour. Le lendemain, après plusieurs évacuations, une simulation d'exfiltration dans un pays d'Asie centrale, des dizaines de coups de téléphone entre la Chine et les Etats-Unis… mon médecin s'accorde un peu de détente : un entrainement de boxe thaïlandaise. Au pied des tours des banques, le soleil décline, les traders donnent leurs derniers ordres, des millions s'échangent, les boxeurs assènent leurs coups. Et maitre Chan me fait faire des pompes. C'est vendredi soir sur Orchard Road. Que fait-on lorsque l'on ne parle pas affaires à Singapour ? Hé bien, on fait des affaires. Mais avec son salaire. Des boutiques de luxe sur des dizaines d'étages. Et pas seulement un building dédié à la fièvre acheteuse. Mais des dizaines dans tous les quartiers de la ville. Les centres commerciaux, fierté nationale ! La cité est bâtie sur la jungle, mais ici la nature a été disciplinée, entretenue sans cesse par une armée d'employés malais ou indonésiens. Des panneaux publicitaires gouvernementaux incitent à la vigilance contre une délinquance, ici, quasi-nulle. La sécurité est une obsession, au prix de quelques libertés. L'ordre, la discipline, des espaces verts soigneusement arrangés, des hôtels de haut standing et des restaurants de qualité… les hommes d'affaires apprécient. C'est normal, c'est fait pour. Johan Baudin |
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