dimanche 3 juillet 2005
Parc national de Serengeti et zone de conservation de Ngorongoro
Par Les Cousins Migrateurs, dimanche 3 juillet 2005 à 16:38 :: Tanzanie - Serengeti et Ngorongoro

La savane et la forêt claire composant la région de Serengeti abritent les plus grands troupeaux d'herbivores au monde. En ce sens, tout au long de l'année, c'est un spectacle sans pareil qui s'offre au visiteur qui parcoure ce parc, notamment en mai et juin lors des grandes périodes de migrations où les gnous, les gazelles, les zèbres se déplacent vers l'ouest pour rejoindre les points d'eau permanents du parc. Avec la zone de conservation de Ngorongoro jouxtant le Serengeti, la superficie totale de cet écosystème unique frise les deux millions d'hectares, aire définie en fait par la région utilisée par les gnous. Un demi million d'hectares à cheval sur ces deux zones a été classé au patrimoine mondial en 1979. Dans cet environnement, Bill, le conducteur de notre 4x4 sera notre précieux guide durant ces trois jours que nous passons dans le parc de Serengeti mais aussi dans le cratère du Ngorongoro. Travaillant ici depuis plus de quatre ans, il nous est d'une grande aide pour identifier les nombreux animaux que nous voyons mais c'est surtout grâce à son expérience et à son acuité visuelle que nous pourrons repérer de nombreux habitants de cet écosystème, principalement les prédateurs qui sont à même de très bien se dissimuler dans les hautes herbes.

Dès notre entrée dans le parc le festival animalier démarre : un couple d'éléphants partagent notre aire de pique nique, au bord de la route qui relie le cratère de Ngorongoro au parc de Serengeti une lionne et son mâle se prélassent, se lassent, traversent et disparaissent dans les herbes, on croise des girafes et une hyène repue à quelques mètres d'une carcasse témoin de son copieux déjeuner ! Le jour tombe sur le parc et il est temps pour nous de planter les tentes avec quelques consignes de sécurité données par notre guide le camp étant ouvert à la visite des animaux !

Réveillés à 6h pour un départ à 6h30, le soleil se lève doucement sur le parc et le bestiaire commence : zèbres, lions, oiseaux de proie, hippopotames, crocodiles et sur un énorme ensemble de rochers émergeant au milieu du parc une famille d'une dizaine de lions et lionnes profitent du soleil, descendent le rocher et s'éloignent les ventres gonflés visiblement d'un copieux repas de zèbre. A quelques centaines de mètres de la scène, les vautours tournent et se rassemblent pour profiter des restes du festin abandonnés par les prédateurs. C'est un spectacle digne des meilleurs reportages animaliers télévisés qui s'offre à nous et nous quittons le parc de Serengeti vers 15 heures pour rejoindre la zone de conservation de Ngorongoro. A la différence de Serengeti, cette aire est habitée par les Masais et c'est l'occasion pour nous de s'arrêter dans un village de cases pour avoir un aperçu de leur culture et de leur artisanat. Il est difficile de recenser les Masais, ayant une vie nomade pastorale, mais ils sont plus de 20 000 dans la région, vivant sur 75% de la zone de conservation exception faite des cratères de Ngorongoro et Empaakai ainsi que de la forêt. Cette zone de conservation est prévue initialement pour bénéficier aux Masais et les objectifs aujourd'hui sont la conservation des ressources naturelles, la promotion du tourisme, la sauvegarde et la promotion des intérêts Masai. La conservation de la zone de Ngorongoro semble plus difficile que celle de Serengeti, car il faut concilier intérêts naturels et humains conjugués à la forte pression touristique. L'écosystème est aussi bien fragile à l'image des gnous sensibles à la peste bovine qui avait terrassé 95% du cheptel de l'Est en 1890. Aujourd'hui la population de ces gnous est remontée à 2 millions de têtes mais le fait qu'ils n'ont plus d'anticorps pour cette maladie fait courir des risques de désastres.

Le campement du soir est installé en haut du cratère et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y fait froid, le feu allumé peine vraiment à nous réchauffer et nous passons une nuit bien fraîche. Levés encore une fois à l'aube, le brouillard extrêmement dense a emprisonné notre campement comme l'avait présenti Bill la veille. Les nuages s'accrochent sur l'anneau du cratère et c'est uniquement en y descendant que la brume se dissipe sans que pour autant la température ne remonte ! Nous passons la matinée à arpenter avec le 4x4 les pistes et nous observons une faune semblable à celle de Serengeti mais dans un environnement unique, ce cratère étant l'une des plus grandes caldera intacte et inactive au monde. D'un diamètre intérieur de 16 à 19 km, le cratère a une surface de plus de 26000 ha et l'anneau s'élève a plus 500 mètres par rapport à la surface intérieure. Bill nous précise les différences de température et de pluviométrie affectant le cratère et l'influence de ces phénomènes sur la répartition des animaux selon les écosystèmes présents. Entre quatre années passées sur le site il a remarqué un accroissement du nombre d'animaux mais il note surtout le fait que les touristes sont toujours plus nombreux. Il y a de plus en plus de compagnies proposant des safaris et le nombre de 4x4, parfois une quinzaine, présents simultanément sur un même lieu du parc peut être surprenant et dans un soucis de conservation du cratère, une mesure de réduction du temps d'accès par véhicule est à l'étude.

Nous quittons la zone de Ngorongoro avec le sentiment d'avoir vécu des instants magiques dans un environnement protégé à l'écosystème équilibré. Ces deux zones Serengeti / Ngorongoro sont à même de pouvoir assurer la survie des espèces animales présentes, elles sont la quintessence de l'Afrique en terme de concentration de grands mammifères et cette faune restera en sécurité tant que le niveau de protection sera maintenu à l'actuel.

