Un musée d'art et d'histoire : cette définition pourrait fort bien convenir à Olinda. Nous sommes à nouveau, comme lorsque nous avions récemment découvert Ouro Preto et le quartier Pelourinho de Salvador de Bahia, plongés au coeur de l'histoire brésilienne en arpentant les rues de cette ville au charme indéniable. Olinda fut fondée par les Portugais en 1537 et connut une forte prospérité grâce à la culture de la canne à sucre. Hélas en 1630 les Hollandais l'envahirent, la pillèrent et l'incendièrent, de sorte qu'il ne reste actuellement que peu de vestiges des nombreux couvents et églises construits au XVI ème siècle. Olinda fut plus tard progressivement reconstruite par les Portugais, après leur retour en 1654.

Nous avons choisi de contracter les services d'un guide local officiel, André, pour bénéficier pendant quelques heures d'une visite agrémentée d'explications aussi bien historiques qu'architecturales. En suivant les rues pavées d'Olinda, nous découvrons quantité d'édifices religieux : chapelles, couvents, églises baroques, au nombre d'une vingtaine parait-il dans la ville pourtant peu étendue.

Les maisons sont souvent très colorées, donnant une teinte particulièrement gaie aux ruelles d'Olinda ; en y regardant de plus près nous découvrons également quantité de décorations sur leurs portes ou leurs murs : gravures sur bois ou encore carreaux de céramique. Nous sommes dans une ville d'art, qui héberge beaucoup d'artistes. Nul doute que le carnaval annuel d'Olinda, qui dure onze jours et qui ne se déroule malheureusement pas à la période actuelle, doit être une occasion fabuleuse pour goûter à l'expression artistique et festive d'une ville aussi inspirée.

Classé par l'Unesco sur la liste du Patrimoine Mondial en 1982, ce site bénéficie d'une attention qui permet de faire cohabiter conservation historique avec évolution artistique : par exemple, il est interdit aux habitants de modifier la structure des maisons (portes, colonnes, gravures, etc.) mais autorisé de peindre les façades et d'y apporter des décorations originales.

Les travaux de restauration se poursuivent perpétuellement, à l'intérieur des monuments bien sûr mais également à l'extérieur : récemment le déblayage d'une place a mené à la découverte de vestiges d'une ancienne rue pavée datant du XVI ème siècle.

Enfin, certains projets attendent de voir le jour : celui qui consiste à enterrer les câbles électriques est à nos yeux probablement l'un des plus urgents, en terme d'esthétisme tout du moins. En effet certaines rues sont véritablement enlaidies par les poteaux et noeuds de fils qui entament inévitablement la beauté de certains quartiers.

La ville étant pour le moins escarpée, nous avons pu bénéficier d'une vue dégagée non seulement sur ses parties basses et sur le bord de mer, mais également sur sa voisine Recife, dont les hauts bâtiments et leur progression vers Olinda constituait selon l'Unesco une menace pour la conservation de ce site.

Aujourd'hui les buildings modernes ne menacent pas la ville, toutefois André nous apprend l'existence de favelas aux abords d'Olinda. Nous en avons désormais l'habitude, les villes brésiliennes sont extrêmement contrastées d'un quartier à un autre. Olinda ne constitue pas une exception : pour ne pas risquer d'en gâcher dangereusement la visite, mieux vaut connaître et respecter les frontières précises de ce petit bijou historique et artistique.