Résidence de montagne et temples avoisinants à Chengdé
Par Les Cousins Migrateurs, jeudi 20 juillet 2006 à 13:42 :: Chine - Résidence de montagne et temples avoisinants à Chengdé :: #70 :: rss

Un second palais d'été !? Nous avions visité celui de Beijing il y a un mois et force est de constater que les points communs sont nombreux. La résidence de montagne de Chengdé est également un jardin impérial, construit au XVIII ème siècle sous la dynastie Qing. L'agencement et l'esthétisme de l'ensemble rappellent fortement ce que nous avions découvert à Beijing.

La construction de ce palais fut avant tout politique. A cette époque le gouvernement Qing s'efforçait de défendre le Nord du pays ; il installa ainsi ses terres de chasse à Mulan à plus de 300 km au Nord de la capitale. L'empereur s'y rendait chaque année accompagné de ses troupes, de sa famille et de ses ministres. Afin de loger tout ce monde, 21 palais dont la résidence de montagne furent construits. L'ensemble fut progressivement agrandi jusqu'en 1792, les premiers travaux ayant débuté en 1703.

Un autre objectif de l'empire était de maintenir un contrôle sur les minorités ethniques des régions frontalières. C'est pour cette raison que le palais fut entouré de nombreux temples (dits temples avoisinants) aux inspirations diverses, dans le but d'apaiser Mongols, Tibétains et autres ethnies. Il s'agit de douze lamaseries dont le style architectural est tantôt Han et tantôt tibétain, comme le temple de Putuozongshengzhi qui rappelle de façon évidente le palais du Potala de Lhassa. Enfin, d'autres édifices mêlent ces deux styles d'une façon unique, avec une partie frontale de style Han, devant une structure d'inspiration tibétaine.

Quant au palais d'été proprement dit, il s'agit comme à Beijing d'un immense parc (d'une étendue deux fois supérieure à celle du palais d'été de la capitale) présentant montagnes, collines, prairies, lacs (huit au total) et plusieurs édifices. Nous ne reparlerons pas ici de l'agencement général fidèle à la mythologie chinoise et aux règles appliquées aux jardins chinois, puisque nous avions déjà abordé le thème dans l'article concernant le "Palais d'été, jardin impérial de Beijing", autre site classé par l'Unesco.

Chengdé n'est qu'une relative petite ville à l'échelle de la Chine (700 000 habitants) ; ses revenus ont pour origines principales ses mines, son industrie et son tourisme. Ce dernier dépend évidemment directement de son palais d'été et les restaurations ont été bon train depuis plusieurs dizaines d'années. En cette période estivale, nous avons pu constater le nombre de visiteurs qui parcourent le parc, heureusement suffisamment étendu pour que la découverte du lieu ne soit pas rendue trop pénible par l'affluence de promeneurs. L'une des craintes principales concernant la conservation du lieu pourrait être l'excès de restauration et de constructions supplémentaires pour attirer toujours plus de touristes.

La perte d'authenticité consécutive de cet héritage culturel et historique serait regrettable. Gageons que l'Unesco, qui a classé ce site sur la liste du Patrimoine Mondial en 1994, saura surveiller l'évolution des travaux mis en oeuvre afin que la résidence de montagne et le palais d'été dans son ensemble ne prenne pas l'aspect d'un centre d'attractions ou d'un parc aux édifices plus artificiels qu'historiques. Aujourd'hui en tout cas, l'endroit a tous les atouts pour charmer un visiteur et nous aura laissé la même impression d'esthétisme et le même plaisir que nous avions ressentis lorsque nous avions parcouru le palais d'été de Beijing.


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.