Monts Matobo
Par Les Cousins Migrateurs, vendredi 12 août 2005 à 13:13 :: Zimbabwe - Monts Matobo :: #19 :: rss

Nous consacrons une journée à la visite du parc national Matobo ; celui-ci se situe au Sud-Ouest du pays, proche de la frontière du Botswana. Nous quittons en début de matinée Bulawayo, deuxième ville principale du Zimbabwe après la capitale Harare, à bord d'un 4x4 conduit par Gary, qui sera notre guide pour la journée. Gary est né au Zimbabwe et parcourt le parc depuis qu'il est enfant et bien avant qu'il n'en fasse sa profession.

La plupart des visiteurs qui viennent jusqu'ici le font principalement pour observer la faune et en particulier les rhinocéros dont le parc recèle en relative grande quantité : quelques dizaines de deux espèces, les rhinocéros "blancs" et les "noirs", qui ne se distinguent en réalité pas véritablement par leur couleur (les deux sont plutôt gris) mais par d'autres caractéristiques physiques (forme de la tête,...). Après quelques heures de conduite sur des chemins de terre, Gary parvient à repérer un groupe de quatre rhinocéros blancs. Avec notre guide ainsi que Brian, un collègue de Gary qui conduit un autre 4x4, nous nous approchons prudemment et progressivement de ces massifs animaux. Les deux guides nous expliquent que les rhinocéros ont une très mauvaise vue et qu'il est possible de s'approcher assez près sans réellement les déranger. Nous nous avançons lentement jusqu'à nous arrêter finalement à environ 15 mètres du groupe, qui comportent notamment une femelle et son petit. Ces animaux ne sont pas de nature agressive, en revanche Brian nous apprend qu'ils font souvent preuve de curiosité ; effectivement les rhinocéros semblent nous repérer (à l'odeur avant tout) et se mettent soudainement à s'avancer vers nous. On ne peut s'empêcher d'imaginer la situation dans laquelle nous nous serions retrouvés s'ils avaient décidé de charger... Nous nous faisons aussi immobiles et silencieux que possible, et les rhinocéros font finalement demi-tour puis s'éloignent en courant lentement ; ils nous font comprendre que le spectacle est terminé, mais quel bonheur d'avoir pu profiter d'aussi près et dans un tel cadre de ces formidables animaux.

Ce n'est toutefois pas pour sa faune que l'Unesco a classé ce site sur la liste du patrimoine mondial en 2003 ; le parc national présente en effet plusieurs autres spécificités. Ce sont avant tout les formations rocheuses impressionnantes qui s'élèvent sur toute l'étendue de la région, au dessus d'un plateau de granit recouvrant une grande part du pays. Ces rochers présentent différentes formes; la plupart sont dressés, certains forment des crêtes et d'autres enfin prennent l'allure de dômes.

Au-delà de la particularité géologique et esthétique du lieu, les Monts Matobo hébergent aussi plusieurs sites archéologiques (âge de pierre et de fer) et le possible plus grand nombre de sites d'art rupestres du Sud de l'Afrique : plusieurs centaines, peut-être même plusieurs milliers car tous n'ont pas encore été recensés. Depuis la préhistoire et jusqu'à notre siècle, le lieu a été habité ou traversé par différents individus et tribus, qui ont pour beaucoup laissé leur empreinte sous forme de peintures sur les roches de la région.

Nous contemplons en fin de journée l'une des nombreuses grottes couvertes de telles peintures. Brian nous détaille et nous commente les formes peintes et leur possibles significations : animaux, scènes de vie, religions et esprits,... les peintures de cette grottes n'ont pas été précisément datées, on évalue toutefois leur âge entre 1000 et 2000 ans.

Brian et Gary se réjouissent de cette récente classification du site par l'Unesco. Il semblerait qu'elle puisse tout d'abord entraîner une amélioration des infrastructures du parc, par exemple de l'état des routes et chemins qui y mènent et le traversent. De plus, il apparaît que beaucoup reste encore à découvrir et à étudier dans cette région. En particulier, Brian et Gary nous expliquent qu'ils n'ont pas vu beaucoup de scientifiques pendant ces dernières dizaines d'années, la plupart d'entre eux trouvant visiblement un intérêt financier supérieur dans d'autres pays (par exemple en Afrique du Sud) et restant à l'écart d'un pays instable socialement, politiquement et économiquement comme le Zimbabwe peut l'être actuellement.

Il est fortement à espérer que l'impact d'une classification par l'Unesco permettra aux archéologues et scientifiques de s'intéresser de plus près encore aux Monts Matobo ; datation au carbone 14, analyse des peintures rupestres, etc apporteront vraisemblablement une connaissance plus précise des richesses culturelles de la région et des différentes cultures qui se sont succédés dans cette partie de l'Afrique.


Commentaires
1. Le jeudi 27 septembre 2007 à 14:00, par art
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