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Kinésithérapeute devenu sculpteur, ce dakarois dorigine
est devenu une star internationale. Ses mains qui
soignaient les corps sont peut être en train
de soigner nos âmes, nous offrant à voir
lêtre humain aussi grand que fragile.
Ousmane Sow est né à Dakar en 1935,
dans une famille de dix enfants, le 6ème de
son père et le 3ème de sa mère.
Tout petit déjà, il se passionne pour
la sculpture et offre ses visages, sculptés
sur des pierres calcaires ramenées de la plage,
à son instituteur. A 22 ans, il débarque
à Paris, des rêves pleins la tête
mais très peu de choses en poche pour les réaliser.
Il ne fera pas les Beaux-Arts mais entame des études
de kinésithérapie après avoir
été infirmier. Il exercera ce métier
durant 20 ans, transformant le soir venu son cabinet
en atelier de sculpture. Cest en 1978 quil
retrouve définitivement Dakar, " la seule
ville au monde où je veux définitivement
vivre " et crée le service de kinésithérapie
de lhôpital Le Dantec. Il se consacre
de plus en plus à la sculpture et abandonnera
définitivement son métier de kiné
en 1989.
De ses premières uvres, il ne reste
rien ou presque, il a tout détruit ou donné,
peut-être parce que sil a toujours sculpté,
il navait jamais pensé en faire un métier.
Cest en regardant les photographies de Leni
Riefensthal sur les Noubas, une ethnie massacrée
par les islamistes au Soudan, que se produit LE déclic.
Après quatre années de travail, ce sont
douze sculptures monumentales elles mesurent
2.50 mètres de hauteur qui naissent
de ses mains. Cest un véritable choc,
lié sans aucun doute à la " personnalité
" de ces colosses au regard mélancolique.
Sa technique, il lemprunte à la tradition
du jaga, qui signifie en wolof le recyclage, la récupération
: une armature de fer, recouverte de sacs plastiques
et de vieux sacs de jute, le tout enrobé dune
matière, SA matière, magma de déchets
de colle ou de résine qui sous ses doigts forme
une boue spongieuse quil laisse macérer
parfois quatre ans avant de lutiliser. "
En ce qui concerne la matière que jutilise,
je suis arrivé petit à petit à
ce que je voulais faire. Je continue à chercher
mais je le fais sans précipitation, car le
jour où je serai sûr darriver exactement
à ce que je veux, ça menlèvera
beaucoup du plaisir que me procure la fabrication
de mes propres mélanges ", avoue-t-il.
Exposés en 1988 pour la première fois au Centre Culturel français
de Dakar, les Noubas vont voyager à Marseille,
Venise ou en Allemagne. Ils seront suivis par la série
des Massaïs, celles des Zoulous, celle des Peuls.
Puis vint celles des Indiens, série monumentale
de 23 personnages et huit chevaux retraçant
la bataille de Little Big Horn (1877), qui vit la
défaite des troupes du général
américain Custer face au chef sioux Sitting
Bull, exposés en 1999 à Dakar au site
du Mémorial de Gorée, avant darriver
sur le Pont des Arts à Paris. Est-ce un hasard,
Ousmane Sow na jusquici sculpté
que des ethnies oubliées ou menacées
de disparition. Lui ny voit que des frères
dhumanité : " Je représente
lHomme, cest tout ! "
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