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Infirmier à l’hôpital Le Dantec de Dakar et père de sept enfants, il est aussi l’auteur de deux romans policiers qui l’ont propulsé au rang de chef de file du polar en Afrique.

Abasse Ndione est né en décembre 1946 à Bargny, un petit village traditionnel de pêcheurs, situé à une trentaine de kilomètres de Dakar. De lui-même on sait encore peu de choses. Et c’est dans ses livres qu’il faut aller puiser pour lever le voile sur celui que d’aucuns qualifient de " Flaubert africain ". Tout un programme !
C’est en 1970 qu’il écrit son premier roman, " La vie en spirale ", mais ce n’est que dix ans plus tard qu’il est édité en deux tomes aux Nouvelles Editions Africaines avant d’être repris en 1998 par les éditions Gallimard en France, dans la collection noire et jaune " Série noire ".

L’auteur y raconte les déboires d’un jeune vendeur de yamba (cannabis au Sénégal) où spitikat et développeurs – respectivement vendeurs et fumeurs – nous entraînent dans une folle course à travers tout le pays. Le livre a fait scandale à sa sortie mais s’est vendu à plus de 5000 exemplaires. Pas si mal. Ce succès encourage Abasse Ndione, qui décide de quitter son métier d’infirmier et de prendre une retraite anticipée pour se consacrer uniquement à l’écriture.

Il aura eu raison, à voir les critiques qui saluent son dernier roman, " Ramata ", qui vient de paraître toujours chez Gallimard, dans la collection " La noire " : " Un magnifique roman, sombre et puissant comme l’Afrique, riche aussi comme elle d’une belle diversité " ; " Ramata, c’est une épopée, un conte qu’on pourrait croire issu des grandes histoires de tradition orale ; c’est noir, c’est grand " ; " Une extraordinaire peinture de la bourgeoisie sénégalaise " ; " Un livre foisonnant, multiple, à tiroirs et doubles-fonds, récits gigognes, alignés, juxtaposés jusqu’à s’y perdre "…

Ce livre, c’est l’histoire d’une femme, Ramata, étudiante sans fortune devenue femme de procureur, mais surtout belle : " Elle était un de ces très rares êtres dont le bon Dieu avait pris un soin particulièrement méticuleux pour façonner leur moule et faire de leur physique, en tout point, une œuvre parfaite. Elle n’était ni grande ni petite, ni maigre ni grosse, son teint n’était ni clair ni sombre, et son visage était aussi agréable et apaisant à contempler qu’un clair de lune en pleine forêt, un lever de soleil en haute montagne ou son coucher dans une mer tranquille (…) Impossible à un homme normalement constitué, saint comme mécréant, de la voir, de devant comme de derrière, sans avoir des idées lubriques dans la tête. Elle était belle, très belle, plus belle même que Gina Lollobrigida. Et elle le savait ". Belle soit, mais aussi mauvaise, querelleuse, vaniteuse et infidèle… Très malheureuse au fond mais pourquoi ? A vous de le découvrir sur TV5 lors de l’interview exclusive d’Abasse Ndione.


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