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Le sida est encore peu présent au Sénégal comparativement à d'autres pays d'Afrique et du monde. Selon les chiffres rendus publics par le Programme national de lutte contre le Sida en décembre 1995, il y a eu 1800 cas de sida et 60000 séropositifs déclarés dans le pays. |
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Cela dit, le sida est considéré par les dirigeants politiques sénégalais comme un problème important, car ils constatent, comme dans dautres pays, que lévolution de la maladie est rapide. Fort de cette prise de conscience, le Sénégal, qui fait partie du Programme de lutte contre le sida en Afrique francophone, a capitalisé, depuis la mise en place de ce programme en 1990, nombre de réalisations en faveur de la prévention contre la maladie, en particulier vis-à-vis des maladies sexuellement transmissibles, principales responsables de la propagation du sida en Afrique. Une lutte capitale quand on sait que prévenir ou guérir 100 cas de syphilis équivaut à prévenir 1200 cas dinfection au virus du sida !
Autre fer de lance de la lutte contre la maladie au Sénégal, la médecine traditionnelle. En Afrique en effet, et ce bien avant lapparition du sida, on sait que 60% de personnes malades font appel aux guérisseurs traditionnels. Un réflexe dautant plus justifié pour les malades du sida à entendre ce témoignage : " Mon guérisseur ma recommandé des racines que je prend sous forme dinfusion, explique un malade. Et, depuis quelques temps, je me sens un peu mieux. Cest très réconfortant au lieu dattendre la trithérapie quon est pas sûr dobtenir ". Et pour cause, elle coûte 300 000 francs CFA par mois ! Rien à voir avec les 500 francs CFA donnés au guérisseur en échange dune combinaison de plantes destinée à soulager les malades. " Les guérisseurs jouent un rôle essentiel dans la prise en charge de malades infectés, cela est une évidence. Grâce aux produits traditionnels, ils ont fait des résultats fantastiques dans le traitement des maladies opportunistes ", affirme le responsable dun réseau de plus de 450 guérisseurs au Sénégal.
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Ce combat pour la reconnaissance dune
médecine parfois méprisée, chercheurs
et spécialistes du sida en Afrique semblent lavoir
entendu. En effet, cest lors du premier congrès
international sur les médecines traditionnelles
et le sida, qui sest tenu à Dakar en mars
1999, que les congressistes ont recommandé "
une collaboration entre les guérisseurs et leurs
collègues de la médecine moderne ",
ainsi quune implication des premiers dans les
structures de recherche. Cest dailleurs
à la suite de ce congrès qua été
créé un Comité international de
guérisseurs, chargé notamment de faire
un travail de contrôle de façon à
éviter que les charlatans, qui existent en matière
de médecine traditionnelle, ne viennent perturber
les prémisses dune collaboration potentielle
entre les deux médecines. |
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Depuis plusieurs années,
les donneurs de sang ne se bousculent plus au
Centre national de transfusion sanguine de Dakar.
La peur " dattraper " le sida
ou dapprendre quon est porteur du
virus en fait reculer plus dun.
Centre national de transfusion sanguine de Dakar. Il ny a pas foule ce vendredi. Dans une minuscule salle, deux dames en blouse blanche fouillent inlassablement dans une pile de fiches entassées sur une table ou soigneusement rangées dans des tiroirs. A côté, trois jeunes hommes et une jeune fille font le pied de grue. Il y a deux semaines, ils étaient venus pour la première fois, faire don de leur sang. Aujourdhui, ils viennent chercher les résultats des examens pratiqués à cette occasion. Lattente devient vite insoutenable. Enfin, au bout de quelques minutes, lune des dames lance : " Vous pourrez revenir ! " Soulagement
Sentendre dire de revenir dans trois ou quatre mois signifie quon est indemne du VIH, le virus du sida.
A Dakar, sur plus de deux millions dhabitants, seule une vingtaine de donneurs se présentent chaque jour au Centre nationale de transfusion sanguine (Cnts) : " Depuis lavènement du sida, les donneurs de sang se font rares. Certains ont peur de connaître leur sérologie parce quici nous faisons des tests pour savoir sils ne souffrent pas de maladies infectieuses. Il y a aussi ceux qui font lamalgame entre donner son sang et contracter le virus ", explique le professeur Lamine Diakhaté, directeur du centre. Il confie même : " il arrive que des parents refusent de donner leur sang même pour sauver leur enfant
"
La crainte " dattraper " ainsi
le sida gagne de plus en plus. Au Sénégal,
seul 0,4% de la population fait don de son sang,
selon les statistiques fournies par le centre.
Ce qui est loin des normes fixées à
2% de la population dun pays par lOMS
(organisation mondiale de la santé). Si
à Dakar, la demande en sang est satisfaite
aux trois quarts, sur le plan national, elle ne
lest que du tiers. Paradoxalement, ce sont
les jeunes (20-35 ans), quon dit le plus
exposés au sida, qui se montrent les plus
généreux. Les femmes, dont la demande
en sang est très forte (maternité
oblige) représentent moins de 10% des donneurs.
Pour pallier à ce manque, des journées du sang ont lieu chaque année pour recruter de nouveaux donneurs sous la houlette des associations qui organisent des manifestations, comme le marathon de Dakar, couru en mai 2000. Pour encourager les donneurs les plus assidus, des médailles et des diplômes sont décernés.
A en croire les responsables du Programme national de lutte contre le sida, le taux de contamination, suite à une prise de sang ou à une transfusion est quasiment nul. La rigueur des agents du centre ainsi que les précautions prises expliquent ce résultat. Le patron du Cnts est catégorique : " On nutilise jamais une seringue pour deux personnes ". Or seule une prise de sang avec une aiguille souillée par un donneur atteint du sida peut être à lorigine dune contamination.
En outre, selon les statistiques officielles, le taux de prévalence du sida au Sénégal est le plus bas dAfrique subsaharienne. Il est de 1% dontre 4% au Bénin et près de 7% en Côte dIvoire. De quoi théoriquement rassurer les sceptiques, fidéliser les donneurs et éviter les pénuries.
- Agence Syfia |
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