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| A la découverte d'une ville du monde avec TV5 |
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Dakar vue par
les enfants de lécole élémentaire du Point E |
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| Les enfants de l'école
élémentaire du Point E |
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Le " Sunugal "
Le Sénégal est un beau pays
Où vivent de nombreux étrangers
Cest un pays de " teranga "
Les femmes que je vois
Les hommes que je vois
Mappellent leur fils
Et les enfants leur frère.
Mamadou Lamine Sy, 11 ans
Dakar, ma ville natale
Dakar, ville des mille et une lumières
Dakar, ville bercée par les vagues de locéan atlantique
Dakar, porte et symbole de lAfrique nouvelle
Dakar, carrefour de la diversité culturelle de lAfrique
Dakar, témoin de toutes les souffrances de lAfrique
Dakar, ville que je porterai toujours dans mon cur
Dakar, je te dis merci de mavoir permis de grandir en paix
Dakar, merci !
Mouhammed C. Dansokho, 10 ans
Dakar la belle
Oh ! Dakar que tu es belle ma ville !
Oh ! Que tu es chaleureuse !
Jaime ta verdure et ton beau soleil brillant !
Jaime ton ambiance et ta population joyeuse
Ah ! Que tu es accueillante Dakar !
Avec ta magnifique plage bleue !
Ah ! Quelle jolie ville Dakar !
Alexis Bachir Cissoko, 10 ans
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Dakar vue par
les enfants des rues
Dakar, comme les autres capitales africaines, a ses enfants des rues. Comment les aider à sortir de la mendicité ? En leur apprenant à fabriquer des jouets avec un brin de laine ou un bout de fil de fer. Cest ce que leur propose lEcopole, un centre créé par lOng Enda Tiers-Monde.
Rue Félix Eboué, en plein centre de Dakar, les baraques crasseuses salignent. Gargotes et ateliers de plein air débordent sur les trottoirs, obligeant les piétons à descendre sur la chaussée. Tout ici évoque une lointaine banlieue dakaroise. Et pourtant, nous sommes à un jet de pierre du plateau, le quartier chic de la capitale dakaroise.
A lécart, un bâtiment peint en blanc et vert tranche avec le décor ambiant. Cest lEcopole, un centre de rencontre pour enfants, mis en place au début des années 90 par lOng Enda Tier-Monde en collaboration avec la mairie de Dakar et dautres métropoles ouets-africaines et avec lappui financier de lUnion européenne, de la Suisse et du Canada. Ici, chaque matin, Alioune, Astou, Oumar et les autres se retrouvent. Ils viennent apprendre un métier
tout en samusant.
" Regarde, cest moi qui ai fabriqué ce vélo ! ", lance Alioune, 14 ans. Ces petits rescapés de la rue tirent une grande fierté de leur travail. Avec une simple pince, il a transformé un tas de fils métalliques de récupération en un superbe vélo miniature. Au bout de son nez trône une autre de ses uvres : une paire de lunettes en aluminium. " Cest mon père qui ma amené ici car les études étaient très dures ", explique-t-il.
Abdoulaye, 13 ans, a lui aussi abandonné lécole. " Je préfère venir icin confie-t-il avec timidité. Jaime les jouets et je sais maintenant fabriquer une voiture ". Chaque matin, il quitte sa banlieue pour retrouver les copains " dans sa deuxième famille " comme il appelle lui-même le centre. Le transport (200 francs CFA) et le repas du midi sont pris en charge par lEcopole.
Le responsable de latelier nest pas peu fier des résultats de ses apprentis. La reproduction de la mythique Coccinelle de Volkswagen est exposée à tous les regards. " Cest joli, nest-ce-pas ? Les enfants ont vraiment la volonté dapprendre. Ils aiment ça. Ils sont libres de créer les modèles de leur choix ", explique le responsable.
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Un tour du monde en 80 jouets
Du côté des filles, les autos
de rêve font place aux poupées de couleurs
vives. Deux jours de travail pour fabriquer une poupée,
un vrai travail de fourmi ! Installée autour
dune table ronde, les petites regardent les plus
grandes manier laiguille avec dextérité.
" Je minspire des tenues traditionnelles
des grands-mères pour fabriquer mes poupées
", sourit Astou. Lidée est bonne si
lon en croit les commandes passées jusquen
Amérique du Nord.
Changement de décor, changement doutil
dans la pièce attenante : deux apprentis, plutôt
maigrichons, cognent sur des clous avec une force
surprenante. Lambiance est nettement plus sonore
dans cette atelier de menuiserie ! Amadou, maître
des lieux, apprend en moins dun an à
des jeunes de 9 à 14 ans à fabriquer
les fameux attachés-cases recouverts de métal
récupéré. Ces mallettes font
le tour du monde. " Nous les exportons en Europe
notamment en France, en Italie, en Suisse et en Belgique.
Vous les trouvez aussi au Canada : elles sont exposées
au Musée de la Civilisation ", précise
Amadou, qui participe à loccasion à
des foires à létranger. Quelques
grandes Ong comme Terre des Hommes passent régulièrement
des commandes. A Dakar, ces mallettes se vendent 35
FF, contre 200 FF à létranger.
Les profits des ventes de tous les objets dartisanat sont versés dans une caisse de solidarité et les enfants touchent de temps à autres un peu dargent. Pour le responsable du volet éducation et insertion des jeunes, lEcopole est dabord là pour " apprendre à ces enfants désoeuvrés à gagner leur vie autrement quen tendant la main ". A lissue de la formation, ces jeunes sont suivis afin de sassurer quils ne retombent pas dans la mendicité. Les résultats réconfortent les chefs dateliers : " Plusieurs dentre eux retournent dans leur quartier et ouvrent des petits ateliers ". Même si ces activités ne génèrent pas toujours des revenus très élevés, ils ne sont pas négligeables dans une ville, où selon une étude de 1994, 300 000 personnes dont un tiers des jeunes entre 9 et 14 ans, vivent avec 74 francs cfa par jour (soit moins de 10 FF) !
- Agence Syfia
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Dakar vue par
Radio Gune Yi : la parole aux enfants
Radio Gune Yi nest pas une émission de radio comme les autres. Depuis cinq ans, elle donne le micro aux enfants du Sénégal, sur les ondes de la chaîne nationale. Une expérience unique en son genre.
Le véhicule tout-terrain de Radio Gune Yi (la radio des enfants en wolof)
crapahute dans Médina Gounass, un quartier
populeux de la banlieue dakaroise. Dans ces habitations
où sentassent plus de 100 000 personnes,
linsalubrité a fait son lit. Pas dégouts
ni de canalisations. Pour se débarrasser des
eaux usées, les femmes creusent des trous dans
les ruelles. Des trous que les très nombreux
enfants du quartier évitent adroitement en
jouant au ballon. Sinon bonjour les dégâts
Aujourdhui, Radio Gune Yi descend dans ce quartier
pour parler de ces problèmes mais aussi de
la débrouillardise des enfants. Lécole
où a lieu lenregistrement public de lémission
est parée de banderoles marquées de
slogans accrocheurs : " Radio Gune Yi, la fréquence
jeunesse ", " Branchez-vous ! ". Lanimation
musicale rythme larrivée des enfants.
Tous arborent tee-shirts et casquettes à leffigie
de la radio que parraine lOng Plan International.
Au programme : des rubriques, un conte, des jeux-concours et une interview avec la championne du monde junior de karaté, Yaye Ami Seck, qui est issue de cette banlieue.
Après une salve dapplaudissements, Yacine
et Oumou, les animatrices vedettes de la semaine,
démarrent lémission sur les chapeaux
de roue. Elles accrochent un premier invité
des plus débrouillards. Face au public et micro
devant la bouche, le jeune Babacar explique à
son auditoire comment fabriquer un " ballon malabar
" à partir de vieilles chaussettes, de
chiffons et de sable. Sur le podium, dautres
enfants racontent comment ils ont appris à
fabriquer des paniers, des poupées et même
un aquarium. Tous les objets en question sont là,
exposés sur une table.
Parler sa langue en public
Place maintenant au jeu-concours qui porte sur des questions diverses : santé, morale, civisme, etc. Chaque candidat est tenu de répondre en wolof à la question-piège, posée en français, par des écoliers choisis dans lassistance. " Le but de cette rubrique, cest de permettre à lenfant de sexprimer correctement en public dans sa langue maternelle ", explique le superviseur de la radio.
Entrecoupés de petites blagues, les commentaires
se poursuivent. Lun des jeunes lance un message
de prudence. Il invite les enfants à ne pas
fréquenter les plages interdites à la
baignade, où plusieurs noyades ont eu lieu.
Sans trac ni fausse note, les jeunes animateurs se
débrouillent comme des " pros ".
Leur émission dune heure, égayée
de musique, est bien ficelée. De quoi être
fier !
Détaché de la radiotélévision nationale du Sénégal, Pape-Sène, technicien-réalisateur, collabore à lémission depuis ses débuts. Il mesure le chemin parcouru : " au début on avait beaucoup de difficultés parce quon travaillait avec des gosses qui navaient jamais tenu un micro, surtout dans les villages. Avec les enfants, il faut savoir tout accepter, quitte à revenir parfois en arrière, pour corriger
Aujourdhui, Radio Gune Yi est une équipe de jeunes animateurs techniquement bien formés grâce à des ateliers ".
Chaque semaine, une poignée denfants, issus du quartier ou du village où est enregistrée lémission, apprend un peu le " métier " auprès dune équipe de professionnels.
" La tradition orale est une grande force en Afrique. Il faut voir les jeunes parler au micro. Ils sont à laise
Ils ont une vraie capacité à sexprimer qui mémeut beaucoup ", explique linstigatrice du projet, Mimi Brazeau, ancienne journaliste à Radio-Canada, installée à Dakar. LOng Plan International la dabord embauchée pour créer un journal destiné aux enfants. " Mais, confie-t-elle, je me suis dis que la moitié des enfants sénégalais ne vont pas à lécole
sans compter les problèmes de distribution et de coûts reliés à la publication ".
Le droit de sexprimer
Elle propose alors à la place une heure
démission de radio hebdomadaire, animée
par les jeunes eux-mêmes. Certains sceptiques
ne croyaient pas que des enfants pouvaient tenir si
longtemps au micro ! Force est de constater que cest
possible ! En cinq ans dantenne, Radio Gune
Yi a vu défiler plusieurs centaines danimateurs
en herbe et plus de 100 000 enfants ont assisté
aux enregistrements.
A Médina Gounass, lémission a
fait un tabac. Une belle occasion pour les mômes
de parler de leurs problèmes quotidiens (manque
daires de jeux, insécurité
)
et dinterpeller les autorités.
La magie de la radio, cest aussi dentendre
sa propre voix et celles de ses camarades. Les jours
de diffusion de lémission sur la chaîne
nationale, le samedi de 12 à 13 heures et le
mercredi de 14h15 à 15h15, tous restent branchés.
" Je suis contente de parler au micro de Radio
Gune Yi ", dit Awa. A-t-elle appris quelque chose
au cours de l'émission "" oui, jai
appris que la baleine est le plus grand mammifères
du monde
"
De tels commentaires réjouissent Mimi Brazeau qui tend toujours loreille vers Radio Gune Yi, même si elle a passé le relais à une équipe sénégalaise : " Jai pu constater à maintes occasions ce que pouvait apporter la radio aux enfants. Une vraie liberté dexpression ! Jen ai vu des timides devenir très loquaces
Après une émission réalisée dans un village, une mère ma abordée en me disant : " je ne savais pas que mon enfant pouvait parler comme ça. "
- Agence Syfia
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