Les Jeux de 1896: Coubertin renoue le fil de l'Histoire
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Photo non datée de la plaque
représentant le Baron
Pierre de Coubertin |
ATHENES (AFP) - 12/07/2004 16h28 - "Je proclame l'ouverture des premiers jeux Olympiques internationaux": lorsque le roi Georges Ier, en grand uniforme d'amiral, ouvre officiellement en ces termes les premiers jeux Olympiques de l'ère moderne, le 6 avril 1896, au pied de l'Acropole, Pierre de Coubertin est soulagé.
Le baron français a déployé une activité inlassable pour que renaissent les Jeux après quinze siècles d'interruption. Son soulagement est d'autant plus grand que l'organisation de l'événement a été longtemps incertaine dans une Grèce appauvrie par de multiples conflits.
Privé de tout soutien financier gouvernemental, le comité d'organisation a bénéficié d'un don d'un million de drachmes émanant d'un mécène grec d'Alexandrie, Giorgios Averoff, pour débloquer la situation.
Grâce à cette manne, les organisateurs ont pu rebâtir un stade en marbre blanc de 60.000 places sur le site du Panathénaïque de l'Antiquité. En l'espace de dix-huit mois, l'édifice est sorti de terre pour devenir le berceau des Jeux modernes.
Mais le stade n'est pas tout et l'olympisme ne peut pas encore prétendre à l'universalité. Parmi les quelque 300 athlètes présents à Athènes (tous des hommes), environ les deux tiers sont grecs.
Du 6 au 15 avril, seules treize autres nations, venues de trois continents, participent aux neuf sports inscrits au programme: athlétisme, cyclisme, escrime, gymnastique, lutte, natation, haltérophilie, tennis et tir. Les champions olympiques reçoivent un diplôme, une couronne en branches d'olivier et une médaille... d'argent.
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Photo colorisée de
Spiridon Louys en 1896 |
Les compétitions se déroulent souvent dans des conditions précaires. L'aviron et la voile sont annulés, la mer étant trop forte. Les épreuves de natation en revanche ont bien lieu... dans une baie proche du Pirée où l'eau ne dépasse pas 13 degrés.
Le 6 avril 1896, un Américain, James Connolly, étudiant à Harvard, devient le premier champion olympique de l'ère moderne en gagnant le triple saut avec un bond de 13,71 m.
Mais l'Histoire retiendra surtout la victoire dans le marathon d'un paysan des environs d'Athènes: Spiridon Louys. En 2 h 58 min et 50 sec, devant un public énorme et sous une chaleur étouffante, le berger de Maroussi couvre la quarantaine de kilomètres séparant le village de Marathon du stade olympique d'Athènes, sur le parcours emprunté, selon la légende, par le soldat Philippidès pour annoncer la victoire de l'armée grecque sur les Perses en 490 avant Jésus-Christ.
La victoire de Spiridon Louys transporte de joie le peuple grec tout entier. D'autant qu'au bilan final, la Grèce sort largement victorieuse avec 50 places dans les trois premiers, contre 19 aux Etats-Unis, 14 à l'Allemagne, 11 à la France.
Quand les compétitions se terminent, le 15 avril, Pierre de Coubertin a atteint son premier objectif: prouver que l'olympisme peut revivre. Mais il devra lutter encore pendant plus de dix ans pour assurer la pérennité de sa création.
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