Le laboratoire antidopage d'Athènes prêt pour battre des records
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| Match test de base-ball sur le stade Hellinikon du complexe olympique d'Athènes, en mars |
ATHENES (AFP) - Le laboratoire antidopage d'Athènes est prêt à battre des records olympiques pendant les Jeux (13-29 août) en analysant pas moins de 3.500 échantillons, soit 180 par jour en moyenne, avec un délai de 24 heures pour les résultats négatifs et de 36 heures pour les positifs.
Cela, sans compter les 650 contrôles effectués lors des Paralympiques (17-28 septembre) qui font qu'au total, le nombre de contrôles antidopage à Athènes dépassera de 25% celui des JO de Sydney en 2000, selon les organisateurs.
"C'est la première fois que l'on prévoit un délai de 36 heures pour les positifs. C'est difficile et cela nous met un peu de pression, mais c'est sans répercussion sur la qualité" des analyses, affirme Costas Georgakopoulos, le directeur du laboratoire.
Dans son bureau au rez-de-chaussée du petit bâtiment abritant le centre, en lisière du complexe sportif de l'OAKA où se trouve notamment le stade olympique, ce scientifique quelque peu timide reste modeste: le programme de contrôles à Athènes sera "un tout petit peu plus intense qu'à Sydney, mais il sera plus ou moins comparable". "Ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire", selon lui.
Mais la liste des substances et procédés interdits est bien sûr "plus riche" que celle de 2000, note M. Georgakopoulos.
Le laboratoire qui a seulement la responsabilité des analyses, mais pas celle de la collecte des échantillons, confiée aux organisateurs des Jeux (Athoc), a subi une importante transformation pour être totalement opérationnel pendant les JO.
"Les premiers plans ont été décidés en 1998 --un an après la désignation d'Athènes comme ville-hôte --, mais la véritable préparation a commencé en 2001", explique M. Georgakopoulos. L'opération de mise aux normes olympiques aura coûté quelque sept millions d'euros, y compris le coût de fonctionnement pendant les Jeux.
En 2001, le laboratoire disposait seulement d'une équipe de huit personnes. Pendant les Jeux, 14O personnes travailleront par quarts de huit heures. Vingt-cinq y resteront par la suite.
"Le laboratoire olympique incorpore toujours les dernières évolutions de la technologie d'analyse et c'est un processus qui ne s'arrête pas", explique M. Georgakopoulos.
"Nous continuerons jusqu'à la dernière minute avant la cérémonie d'ouverture, car il y a encore des développements en cours de validation" par les instances internationales, précise-t-il, tout en refusant de dire quels produits ou procédés sont visés.
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| Compétition de kayak à Athènes en avril |
L'Agence mondiale antidopage (AMA) ne fait toutefois pas grand secret que les recherches en cours concernent les porteurs d'oxygène, les transfusions et les hormones de croissance.
Si les tests sont validés avant les Jeux, le laboratoire sera en mesure de les pratiquer sans délai. Mais s'ils ne l'étaient pas, il ne faudrait pas que les dopés se réjouissent.
Car, comme pour le scandale de la THG (tetrahydrogestrinone) l'an dernier, des analyses pourront être pratiquées rétrospectivement sur tous les échantillons conservés lorsque les nouvelles méthodes seront validées.
"Nous ne pouvons pas tester tous les athlètes (pendant les Jeux) parce que c'est très cher", admet M. Georgakopoulos. Ce problème de moyens financiers, mais aussi de logistique, oblige donc à procéder par échantillonnage avec une stratégie spécifique pour certains sports. Ainsi l'EPO (erythropoïetine) est plus recherchée dans les sports d'endurance.
Mais les pratiques du dopage ont évolué. "On sait maintenant que des athlètes dans les sports dits +explosifs+ comme les sprinteurs, les haltérophiles, les lanceurs ou les sauteurs utilisent de l'EPO, alors qu'à Sydney on estimait que ce n'était pas le cas parce que l'EPO concernait plutôt les sports d'endurance", affirme-t-il.
"Il a été prouvé que les athlètes utilisent les mêmes substances indépendamment du type de sport, que ce soit un sport +explosif+ ou d'endurance", explique le scientifique. "Cela va devenir encore plus évident à l'avenir et il en sera tenu compte dans les règles" de lutte contre le dopage, ajoute-t-il.
Dans les prochaines années, prédit M. Georgakopoulos, c'est du côté des nouvelles molécules de synthèse proches des stéroïdes anabolisants que l'effort devra être fait. |